Nouvelles signatures d’engagements pluriannuels et partenariats stratégiques : au Salon de l’agriculture, la distribution a affiché sa volonté de renforcer les liens avec l’amont en sécurisant les volumes et en accélérant la relocalisation de certaines filières.

Nouvelles signatures et renouvellement d’engagements, célébrations, prix et trophées…. Le SIA était une fois de plus l’occasion d’afficher et de sceller des partenariats entre l’amont et l’aval. Parmi ces nombreux exemples, citons l’officialisation, sur le stand Interfel, le 24 février, de six nouveaux partenariats avec l’enseigne Intermarché, autour de trois filières légumes françaises pour donner plus de visibilité sur les volumes avec des prix sécurisés. « Nous avons décidé de proposer le plus possible de produits d’origine France. Nous jouons le jeu de la production française. Nous vous soutenons déjà, avec aujourd’hui 75 % de nos volumes sourcés en France, et jusqu’à 81% en bio », a rappelé Thierry Cotillard, président du groupement Mousquetaires.
« Nous avons contractualisé sur la poire l’année dernière. Désormais, nous lançons de nouvelles filières avec notre MDD “Terroirs”, qui compte déjà 150 références en 2025, 100 % en origine France. L’objectif est de faire du volume. » La première filière concernée est la salade iceberg avec 3 partenaires : Gosselin, Priméale et Prince de Bretagne. « Alors que la consommation augmente, l’importation a longtemps répondu à cette demande. Nous souhaitons rapatrier des volumes de salade iceberg 1re gamme en origine France. » Une initiative accueillie avec « bonheur et satisfaction » par le président de Prince de Bretagne, Marc Kerangueven.
Sécuriser les investissements
« La salade iceberg était une culture emblématique dans les années 90 chez nous, et elle avait disparu : nous souhaitons la relancer. C’est une vraie opportunité pour donner des perspectives à des jeunes qui démarrent », a-t-il réagi. « Cela nous donne une meilleure visibilité sur l’avenir par rapport aux autres produits vendus au cadran », a ajouté Pierre Lereveran, producteur à Sainte-Geneviève, en Normandie, qui livre l’expéditeur Gosselin.
Une deuxième filière se contractualise aussi pour le champignon de Paris, avec la société Cabane & Cie, à travers un engagement de trois ans et des prix révisés en fonction des charges de production. « Cette signature est un élément important pour rassurer nos partenaires bancaires », a souligné Vincent Audois, qui a investi 25 millions d’euros depuis deux ans dans des outils permettant d’être plus compétitif dans un marché fortement déficitaire. Enfin, le Groupement Mousquetaires a engagé un partenariat avec deux producteurs de haricots verts frais : la SCEA Yruce et la Ferme du Fayel.
« Il nous apporte de la visibilité et nous permet de sécuriser les investissements dans des trieurs optiques et des lignes de conditionnement pour continuer de croître », a remercié Hugo Levesque. « Cette contractualisation concerne dès aujourd’hui le vrac, mais nous avons mis en place une feuille de route pour aller vers la création d’un sachet de 500 g sous marque Intermarché Terroirs en 2026 », a précisé Sylvain Nicolosi, responsable développement filières.
Un acteur clé de la relocalisation
A quelques mètres, Coopérative U a également franchi une nouvelle étape en signant deux démarches construites dans la durée (contrats de cinq ans) avec la production française : la filière poireau U et la filière amande U. « Pour chacune de ses filières nous allons mettre en place une prime filière pour les producteurs engagés, un suivi des pratiques via l’indice de régénération de “Pour une agriculture du vivant” et un suivi du plan de progrès des pratiques agroécologiques déployées par les producteurs », a détaillé l’enseigne U.
Plus de 700 tonnes de poireaux sont ainsi contractualisées avec le GPLM (Groupement desproducteurs de la Manche), Priméale France et Planète Végétal. Côté amandes, un nouveau produit disponible à partir de juin au rayon fruits et légumes, issu d’un partenariat tripartite avec Compagnie des Amandes et Daco France, avec un volume d’amorçage de 12 tonnes d’amandes décortiquées grillées la première année, disponibles sous marque U dès le mois de juin.
« Alors que la France importe massivement ses amandes, ce contrat de cinq ans fait de Coopérative U un acteur clé de la relocalisation de cette filière sur le territoire, contribuant ainsi à la souveraineté alimentaire française », a déclaré Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U. Ces partenariats viennent compléter le contrat de progrès de l’enseigne avec l’AOP Pêches et Abricots de France, lui aussi signé sur le salon, pour la deuxième année consécutive.
Le même jour, Metro France et Pact’alim ont, quant à eux, officialisé un partenariat visant à accélérer la valorisation des productions des PME & ETI françaises sur le marché de la restauration commerciale.











