Les prévisions européennes de pêches et nectarines ont été dévoilées hier 21 mai, dans le cadre d’un webinar rattaché au salon Medfel.

Éric Hostalnou, chef du service fruits et légumes de la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales, affrime que, « à ce jour, la campagne européenne 2026 n’a été marquée par aucun accident climatique significatif. Avec 2,74 millions de tonnes de pêches et de nectarines la production est supérieure de 8 % à la récolte 2025 et de 16 % à la moyenne 2020/2024 ».
• La Grèce, fortement déficitaire en 2025 revient à son optimum. Avec près de 455 000 tonnes de pêches et de nectarines, la production grecque de 2026 devrait donc se situer 35 % au-dessus de la production 2025 très déficitaire suite au gel, et 44 % au-dessus de la moyenne 2020/2024, moyenne qui avait été elle aussi marquée par des sinistres climatiques. Nikolaos Tsitsiokas, directeur commercial de la coopérative Asepop, confirme : « Au niveau de la production, on observe une forte augmentation des rendements des cultures et de la qualité. »
• En Espagne, 2025 a marqué la fin d’une sècheresse qui durait depuis 2022. Avec 1 138 000 tonnes de pêches, pêches plates et nectarines, la production espagnole s’est située 5 % en dessous de 2024. En 2026, aucun accident climatique majeur n’a été encore signalé. En pêches et nectarines (plates comprises) la récolte devrait atteindre près de 1,2 million de tonnes. Pour Javier Basols, responsable filière fruits de la Fédération des coopératives espagnoles, « une tendance structurelle d’ajustement et de transformation du potentiel productif en fruits à noyau, se confirme : réduction de la surface à long terme, surtout en pêche (et abricot), bien qu’une certaine stabilisation récente soit observée, voire des replantations dans certains segments (comme en pêche jaune précoce). La nectarine, après une baisse initiale, montre des signes de reprise ». Le secteur évolue vers un modèle avec moins de surface mais plus de spécialisation, où la compétitivité dépendra de l’adaptation variétale, de l’efficacité productive et de l’alignement avec un marché très concentré et exigeant.
• En Italie, en 2025, la production a été légèrement inférieure à celle de 2024 avec un recul de 3 % pour les pêches et les nectarines. En 2026, la production italienne devrait s’exprimer sur des niveaux proches du potentiel : pêches et les nectarines devraient atteindre 867 000 tonnes, soit une hausse de 3 % par rapport à 2025 et de 6 % par rapport à la moyenne 2020/2024. Elisa Macchi, directrice du CSO de Ferrara, explique : « Les surfaces de production entre 2025 et 2026 continuent d’afficher un léger recul pour les pêches (-3 % et -5 % par rapport à 2025), tandis que la production de nectarines semble stable. » Par rapport à l’année dernière, la production nationale totale en 2026 devrait être légèrement supérieure.La productivité attendue pour cette année est considérée comme bonne tout au long du calendrier des récoltes et devrait se redresser par rapport à 2025 dans les régions du nord et du sud, même si les tendances varient d’une région à l’autre. Les périodes de récolte sont actuellement similaires à celles de 2025, voire légèrement avancées de quelques jours.
• Enfin, en France, en 2025, le potentiel de production de pêches et de nectarines s’est situé autour de 216 200 tonnes. À ce jour, comme ailleurs en Europe, aucun accident climatique significatif n’est venu pénaliser le potentiel de production français, qui devrait se situer à 224 000 tonnes de pêches et de nectarines (en hausse de 4 % par rapport à 2025 et de 10% par rapport à la moyenne 2020/2024). Selon Alexi Bois, président de l’AOP Pêches et Abricots de France : « La production française de pêches nectarines ressemblera à celle de l’an dernier en volume. La précocité semble normale, avec un début de saison entre les 5 et 10 juin. »
Depuis quelques années, la production française de pêches nectarines s’est stabilisée, grâce au niveau élevé des plantations dont le taux de renouvellement est proche de 6 % ces deux derniers hivers. La production permettra donc d’approvisionner le marché français favorablement. On voit également se stabiliser, pour les fruits ronds, le rapport entre les nectarines, dominantes à près de 65 % des volumes, alors que les pêches représentent près de 35 %.
En fruits plats, les pêches augmentent légèrement grâce à une génétique stabilisée et des variétés fiables, avec un potentiel de 1 500 tonnes. En nectarines plates, la production augmente rapidement, avec plus de 3 000 tonnes. Des volumes sans rapport avec ceux proposés par l’Espagne – de l’ordre de 307 000 tonnes en pêches plates en 2026 ! Et les dernières obtentions variétales nécessitent encore quelques années de vérification. Enfin, les pêches et nectarines sanguines constituent également un potentiel de près de 2 000 tonnes, sans réelle progression en volume.
Quant à la pêche pavie, ses volumes restent dans la moyenne en France (autour de 3 500 t), affiche 45 000 t en Italie (en 2025 et 2026). Très présente en Grèce, la pavie de 2026 est annoncée à 300 000 t (268 000 t en 2025, année faible). L’Espagne affiche un tonnage prévisionnel de 316 000 t, fourchette plutôt haute par rapport aux 290 000 t en moyenne sur 2020/2025.










