Pomme de terre : quand l’offre dépasse la demande

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    Après plusieurs années de relative stabilité, la filière pomme de terre fait face, avec la récolte abondante de 2025, à une situation de surproduction. Des solutions exceptionnelles de dégagement ont été mise en place pour retrouver l’équilibre.

    © UNPT

    « En 2024, la production française de pommes de terre de consommation atteignait 7,7 millions de tonnes, un niveau globalement en adéquation avec la demande. Le marché était alors considéré comme équilibré, permettant une valorisation satisfaisante des volumes produits. En 2025, la production a fortement progressé pour atteindre 8,6 millions de tonnes. Cette hausse rapide a suffi à faire basculer le marché en situation de surproduction. En se référant au niveau d’équilibre observé en 2024, l’excédent peut être estimé à environ 1 million de tonnes », explique le CNIPT, l’interprofession de la pomme de terre fraîche.

    Cette augmentation s’explique par plusieurs facteurs : extension des surfaces cultivées, bons rendements liés à des conditions climatiques favorables et anticipation d’une demande dynamique, notamment dans l’industrie de la pomme de terre transformée. « Mais cette demande n’a pas suivi au rythme envisagé. Résultat : depuis fin 2025, une pression à la baisse sur les prix, des tensions sur les capacités de stockage et un risque accru de pertes pour les producteurs. »

    Face à cet excédent massif, la filière a dû organiser des débouchés alternatifs. Dons alimentaires via Solaal, dégagement en alimentation animale ou encore en méthanisation… Des pratiques exceptionnelles d’épandage au champ, de compostage, voire de mise en tas, ont été strictement encadrées par un protocole sanitaire.

    Fin avril, l’UNPT (Union nationale des producteurs de pommes de terre) estimait que « les stocks bruts, tous débouchés confondus (contrat et libre, frais et industrie), représentaient un peu plus de 20 % de la production totale, contre environ 17 % à la même date l’an dernier, et autour de 16 % lors d’une campagne plus équilibrée ». Des stocks, finalement « tout, sauf excessifs en cette fin de campagne, grâce au réveil de certains courants d’affaires, particulièrement dans le frais », selon l’UNPT.