IA en agriculture : comment passer à l’action ?

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    Au dernier Medfel, la table ronde consacrée à l’intelligence artificielle dans la filière fruits et légumes a mis en avant des usages déjà très concrets sur le terrain.

    Serre Rougeline
    © Frédéric Garcia

    Les applications existent déjà pour faire face aux pressions climatiques, énergétiques et économiques. « L’IA peut déjà répondre à certains besoins : mieux comprendre la plante, mieux piloter le climat des serres, mieux piloter la gestion énergétique », a témoigné Franck Brosset, directeur RSE, veille et innovation chez Les Paysans de Rougeline.

    Les échanges ont rappelé que les outils d’IA sont aujourd’hui principalement utilisés comme outils d’aide à la décision pour, par exemple, optimiser l’irrigation, prévoir les récoltes ou piloter les ressources. Force est de constater que les exploitations génèrent une masse croissante de données. Pour être intelligemment exploitées, elles nécessitent des modèles prédictifs « dans le but de prendre des décisions utiles et au bon moment ». Toutefois, il est important de rappeler que « personne ne peut remplacer le producteur ou le technicien de terrain » !

    Une IA déjà présente dans toute la chaîne de valeur des fruits et légumes

    En ouverture, Guillaume Mathaly, manager finance et innovation chez Ayming, a rappelé que la table ronde portait surtout sur le « machine learning » et le « deep learning, » à distinguer de l’IA générative. Selon lui, l’IA est déjà présente dans chaque étape de la chaîne de valeur : pilotage ultra précis des ressources en production, robotique et drones pour certaines tâches culturales, tri optique intelligent dans les stations de conditionnement ou encore prévision de la demande et optimisation logistique en commerce de gros.

    Mais plusieurs freins demeurent pour le déploiement optimal de l’IA. « Les données sont encore peu qualifiées. Or les outils d’IA nécessitent des bases de données structurées, fiables et représentatives », a-t-il précisé. Aux limites techniques s’ajoutent les coûts élevés d’implémentation, la formation des équipes, mais aussi les enjeux d’appropriation ainsi que les questions réglementaires et éthiques.

    Chez les Paysans de Rougeline, des usages déjà opérationnels

    Au sein de l’entreprise, « les usages se développent autour de la prévision des récoltes, du suivi de maturité des fruits ou encore du pilotage énergétique des serres ; les serres sont un environnement de données », a résumé Franck Vila, producteur et président de Rougeline Innovation. Le groupe travaille notamment avec des technologies de robotique pour certaines tâches opérationnelles, comme la récolte ou l’effeuillage, et développe des outils de monitoring des données.

    L’énergie constitue aussi un terrain d’application majeur. Rougeline réfléchit également à automatiser certains arbitrages entre gaz et électricité, aujourd’hui réalisés manuellement sur les exploitations, pour adapter les coûts de production en fonction des cours. Pour Franck Brosset, l’adoption passera avant tout par des solutions capables de solutionner des problématiques concrètes, de faire gagner du temps et d’améliorer la prise de décision. « Le changement n’est jamais facile, ni instantané », a-t-il complété, alors que l’entreprise a récemment recruté un profil « agro-data » pour accompagner cette montée en compétences.