Les producteurs espagnols de fruits et légumes s’interrogent

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    Fruit Attraction, la grande foire d’automne des fruits et légumes, se rapproche. Bilan de la campagne passée et anticipation de celle qui commence.

    Le climat a chamboulé toutes les cartes espagnoles. Une combinaison successive de gels inopportuns, pluies torrentielles et sécheresses a impacté les rendements mais aussi la qualité et les calibres des fruits à noyau, pastèques, melons… mais aussi de légumes comme le poivron (une des étoiles montantes espagnoles jusqu’à présent) ou les courgettes. Pour les bananes, l’incendie sur l’île de La Palma a réduit la récolte des Îles Canaries de 35 %. Quant aux oranges, le retard dans le démarrage de la campagne, l’abondance de petits calibres et la forte pression de l’Afrique du Sud d’abord, de l’Égypte ensuite, ont conditionné toute la campagne.

    © Deyan Georgiev

    Les mauvais résultats économiques de la campagne 2020-2021 ont provoqué une diminution de la superficie cultivée en tomate, melon et pour la première fois en pastèque (autre étoile montante). Parmi les quelques productions qui sauvent la donne, on trouve les fruits rouges, les tomates, les concombres, les aubergines et les citrons. Concernant les exportations espagnoles, l’année 2021 a été plutôt positive : + 1.6 % en volume et 9 % en valeur pour les légumes ; + 3 % et + 6 % respectivement pour les fruits. Même si les chiffres du premier semestre ne sont pas disponibles à l’heure d’écrire cet article, les indications des premiers mois consolident la tendance.

    En règle générale, le manque de produits a poussé les prix à la hausse, mais l’augmentation des coûts de production n’a pas suffi, selon David Del Pino, consultant en marketing agroalimentaire. Côté main d’œuvre, c’est plus son manque qui a gêné que son coût, même si les hausses gouvernementales du Smic ont déplu à nombre de producteurs. La guerre en Ukraine, les coûts de l’énergie et le retour de l’inflation dessinent un scénario difficile. Fernando Facies, professeur de la San Telmo business school, souligne que « l’atomisation du secteur affaiblit sa capacité de négociation ». Il est chaque fois plus difficile de transférer vers les acheteurs la hausse des coûts et si on assiste à un retour à la normale des productions, le scénario peut se noircir rapidement.

    L’Espagne a adopté sa loi Égalim, qui oblige les acheteurs à couvrir les coûts de production, ce qui est questionné par certains acteurs, producteurs ou acheteurs. Mais son application est loin d’être totale et les dénonciations syndicales se multiplient. La loi peut-elle résoudre les déséquilibres de marché ?

    Terminons par une nouvelle positive. Le 21 juin dernier, la Commission européenne a introduit l’obligation du traitement par le froid des oranges importées (en premier lieu d’Afrique du Sud) pour protéger la production européenne de la Thaumatotibia leucotreta ou FCM.