L’emballage carton au cœur de la crise

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Le contexte de crise met sous tension tous les acteurs de la chaîne alimentaire : l’emballage ne fait pas exception, comme en témoigne Gérard Mathieu, directeur marketing et innovation de Smurfit Kappa.

© Smurfit Kappa

Quel est le challenge pour le cartonnier en cette période critique ?

Notre challenge est de répondre à l’attente de nos clients, c’est-à-dire de produire, mais dans les conditions très particulières induites par les circonstances : nous sommes en effectifs réduits sur plusieurs sites, suffisants pour faire tourner nos usines à pleine capacité pour certaines d’entre elles, mais nous devons avant tout garantir la sécurité sanitaire des personnes à leur poste de travail. A cette fin, nous avons mis en place des cellules de crise au sein de notre groupe au triple niveau européen, français et de chaque unité de production. Les cellules de crise réunissent chaque matin jusqu’à 80 personnes afin de dresser l’état des lieux des problèmes et d’établir des solutions. A partir de là, tous les postes de travail sont sécurisés, des mesures barrière sont déployées, afin notamment d’éviter les croisements de personnes.

Mais la demande client a-t-elle changé ?

Oui, le grand défi pour nous est de répondre à une variabilité accrue des commandes, avec des moments de très forte intensité suivis de moments de repli, sachant que certains secteurs nous demandent actuellement beaucoup plus que d’habitude : il s’agit notamment des secteurs de l’hygiène et de l’agroalimentaire et dans, ce dernier cas, du frais et de l’ultra frais. Les eaux minérales, la boulangerie industrielle, les pâtes, le riz et certaines filières des fruits et légumes frais sont particulièrement demandeuses. Dans ce dernier cas, je pense notamment à la carotte, au kiwi, à la pomme et à la pomme de terre. J’ai le sentiment que les consommateurs vont moins souvent en magasin et privilégient des produits plus durables et que les distributeurs sont également très orientés sur ces options. Toutes ces demandes fluctuent très rapidement et du coup, notre visibilité se limite à 48 heures. Nous nous efforçons tant bien que mal de suivre, notamment sur les plateformes de montage.

Quelles sont les références qui tirent le plus ?

Nous sommes fondamentalement sur les grands standards, plateau 60 x 40 et 40 x 30, caisses. Dans l’urgence, la capacité à répondre quantitativement au besoin peut prévaloir dans certains cas sur le respect intégral des cahiers des charges : nous ressentons une vraie tension sur les marchés.

Vous sentez-vous en fragilité pour vos fabrications ?

Pas vraiment. Nous sommes un groupe intégré, le papier provient principalement de nos unités françaises qui continuent toujours à produire. Nous n’avons pas pour le moment de problème particulier de transport. Notre priorité est avant tout de ne pas dégrader notre qualité, de tenir les cadences alors que nous n’avons pas tout notre personnel. L’actualité nous projette à fond dans la production et la gestion des carnets de commande.

Ces circonstances se télescopent avec le lancement de votre nouvelle gamme de barquettes pour fruits et légumes ?

En effet, nous sommes en plein déploiement de notre nouvelle offre « Safe and Green », dont la nouvelle barquette conçue pour Savéol constitue un des prémices. Cela fait plus de six mois que nous travaillons dessus dans le cadre de notre programme « Better Planet packaging », qui vise ainsi à répondre à la récente directive relative aux conditionnements unitaires de moins de 1,5 kg pour les fruits et légumes. Le carton ondulé microcannelé confère à la fois une résistance mécanique, une légèreté, des  faces imprimables. Il a fallu concevoir quelque chose d’ouvert, d’empilable, une découpe moderne et artistique : c’était un problème très intéressant à résoudre. Mais la solution adoptée par Savéol n’en est qu’une parmi les nombreuses que nous sommes en mesure de proposer aux conditionneurs.

© Smurfit Kappa

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