La fin des stickers en 2022 ?

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    La nouvelle loi économie circulaire exige que les étiquettes collées sur les fruits et légumes frais soient compostables à la maison à compter de janvier 2022. Les fabricants estiment être opérationnels au mieux en 2023.

    La loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire et l’économie circulaire a déjà fait couler beaucoup d’encre depuis janvier dernier, notamment en ce qui concerne l’interdiction faite aux fruits et légumes frais d’utiliser des emballages contenant des matières plastiques pour des lots inférieurs à 1,5 kg dès janvier 2022. Dans l’émotion suscitée par l’incompréhension de cette décision, on en a oublié un autre aspect, qui concerne tout autant la filière : le sort réservé aux stickers apposés par milliers pour identifier les pommes, poires, bananes, kiwis et autres fruits et légumes. Cette même loi leur impose en effet d’être compostables en conditions domestiques à compter de la même date, janvier 2022. Une exigence qui semble aller dans le bon sens : jeter les épluchures au compost du jardin sans avoir à enlever au préalable leurs stickers. En revanche, l’échéance imposée est courte, et « même trop courte », selon Vincent Desloges, coordinateur développement durable chez Avery Dennison, leader mondial de la fabrication des matières auto-adhésives servant à la réalisation des étiquettes tous secteurs confondus, dont les fruits et légumes. Ses clients sont les concepteurs, imprimeurs et découpeurs d’étiquettes. 

    « Aujourd’hui nos matières autoadhésives pour stickers fruits et légumes sont compostables en conditions industrielles, c’est-à-dire en conditions de température et d’humidité contrôlées. Dans un compost domestique, ces conditions sont beaucoup plus aléatoires, donc les matières actuelles se dégradent moins vite, moins bien. Il nous paraît normal de proposer des solutions adaptées au compost domestique. Nous travaillons d’ailleurs sur le sujet depuis plus d’un an », explique Vincent Desloges, qui prévient néanmoins : « Mais il y a peu de chance d’aboutir à une solution opérationnelle pour début 2022. » Il souhaite que le gouvernement et les parties prenantes de la filière prennent conscience de cet enjeu, « du risque qu’il n’y ait plus de stickers disponibles pour identifier les fruits et légumes à cette échéance » et estime « être en capacité de fournir une solution entre début 2023 et courant 2024, ce qui intègre les six mois nécessaires pour tester la compostabilité de toute nouvelle matière ». Il en appelle au Gouvernement, se disant prêt à s’engager à travailler sur un échéancier et des résultats précis, afin de lever l’échéance du 1er janvier 2022 qui risque d’être extrêmement délétère pour la filière et ses fournisseurs.