Entre réelles opportunités et craintes fondées
Les économies agricoles et alimentaires du Mercosur sont des sources incontournables de produits pour l’ensemble des marchés mondiaux. Le Brésil est de loin le 1er exportateur mondial de soja, de viandes, de sucre, de jus de fruits. L’Argentine est le 3e exportateur de céréales, de produits à base de soja, de viandes…
L’accord de libre-échange entre l’UE-27 et l’actuel Mercosur, signé en janvier dernier, après vingt ans de tergiversations, entend aplanir progressivement les barrières tarifaires qui alourdissent les échanges de biens, faciliter les investissements, permettre la coopération entre les deux entités, totalisant 720 millions d’habitants, et respecter les clauses miroirs. L’horizon commercial est certes prometteur pour les espaces macro-économiques, en facilitant les flux de produits de part et d’autre. Les gagnants seront assurément les pays industriels et manufacturiers européens, les exportateurs européens d’automobiles, de machines-outils, de vins et spiritueux, mais aussi de produits aéronautiques, chimiques, cosmétiques, pharmaceutiques, du luxe… On peut citer l’Allemagne (qui a exporté vers le Mercosur pour 16,3 Md€ en 2025), l’Italie (7,6 Md€), les Pays-Bas (5,2 Md€), la France (5 Md€), l’Espagne (4,7 Md€), la Belgique (4,4 Md€… Les gigantesques économies agricoles et alimentaires du Mercosur – le Brésil a exporté en 2025 pour 128 Md€ de produits AA (agroalimentaires), l’Argentine pour 44,3 Md€, l’Uruguay et le Paraguay pour 7 Md€ chacun – se verront progressivement délestées des droits de douanes qui impactaient les échanges avec l’UE et seront les grands bénéficiaires de ce nouvel accord.
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