Commerce de gros : les dangers du non respect des délais de paiement

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Le commerce de gros représente les 150 000 entreprises qui, au quotidien, approvisionnent les entreprises et artisans du bâtiment, l’industrie, les garages, les pharmacies, les professions médicales et paramédicales, les magasins alimentaires de proximité, les commerces de bouche, la restauration collective, notamment scolaire, universitaire et hospitalière, ou encore la restauration commerciale… À 95 %, ce sont des PME, profondément ancrées dans les territoires, irriguant leur tissu économique en lien étroit avec l’industrie et les producteurs. Elles emploient également plus d’un million de salariés. Elles sont aussi, à travers le crédit interentreprises, la principale source de financement de leur aval. Un crédit que la Médiation des entreprises évaluait, avant la crise, à 237 milliards d’euros (en janvier 2020).

Pour beaucoup d’entre elles, et malgré des efforts marqués pour assurer la continuité de leur activité, c’est 80 % de leur chiffre d’affaires qui a disparu depuis le début de la crise, parfois dès le 15 mars. Elles sont, à cet égard, parfaitement reconnaissantes envers l’État et les collectivités territoriales pour leur totale implication et l’ensemble des mesures mises en place afin de soutenir leur trésorerie. C’est ce soutien qui doit permettre un paiement des fournisseurs dans les délais impartis, sous peine de déstabiliser un peu plus encore l’économie et de fragiliser la reprise. C’est pourquoi la CGI (Confédération française du commerce de gros et international) appelle chacun à la solidarité et rappelle que c’est en respectant les délais de paiement que les entreprises pourront prétendre à l’ensemble des aides mises en place par l’État ; que celles-ci peuvent se rapprocher de leur banque afin de mettre en place des solutions de financements pour honorer leurs engagements ; qu’elles peuvent faire remonter à leurs représentants les dégradations des assureurs-crédit qui apparaîtraient inadaptées en cette période de crise ; et qu’elles peuvent, enfin, s’appuyer sur les experts comptables et commissaires aux comptes, dont c’est la mission, afin de trouver des solutions pour respecter les règles en matière de paiement. Philippe Barbier, président de la CGI, précise : « En assurant depuis toujours des stocks et un crédit client importants, les grossistes BtoB fluidifient toutes les filières et les chaînes d’approvisionnement jusqu’au consommateur final. Un glissement du paiement de leurs factures, non seulement les mettrait en grand danger immédiat, mais risquerait surtout de les transformer paradoxalement en goulot d’étranglement au moment de la reprise, en les privant des moyens de reprendre leur approvisionnement dans de bonnes conditions. »