Résilience affichée de la filière des semences

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    Malgré les défis, la filière française des semences et plants consolide son leadership mondial en 2025, jouant un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire nationale et internationale.

    semence
    © Semae

    Semae, l’interprofession des semences et plants, a souligné, en décembre dernier, la dynamique positive du secteur en 2025, tout en insistant sur le poids des enjeux géopolitiques, climatiques et de préservation des moyens de production. Elle a réaffirmé que la souveraineté alimentaire, sujet d’actualité et enjeu national « prioritaire », repose sur quatre piliers indissociables, au cœur de ses missions : la garantie de la qualité de l’approvisionnement, la structuration d’une filière nationale compétitive, le pilotage de l’innovation et la protection de la biodiversité.

    Malgré les incertitudes du contexte international, la filière semencière française a confirmé son statut de leader mondial et européen, jouant un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire nationale et internationale. Selon les derniers chiffres présentés par Semae, la France reste le 1er exportateur mondial de semences des grandes cultures et le 2e toutes semences confondues. Les exportations, en valeur, ont ainsi augmenté de 10 % durant la campagne 2024-2025. L’Union européenne demeure le premier marché pour les exportations de semences et plants français (68 %), avec l’Allemagne et l’Espagne en tête des destinations.

    Par ailleurs, la filière maintient un solde de balance commerciale positif très élevé, s’élevant à 1,26 Md€ (données provisoires 2024-2025). Ce nombre, bien que légèrement en deçà de son pic, reste historiquement fort et contribue de manière significativement positive à la balance agroalimentaire nationale, dans un contexte où celle-ci s’affaiblit.

    Dynamique de production et reprise des surfaces en 2025

    Après une période de déclin, les surfaces dédiées à la multiplication des semences et plants ont repris une légère croissance en 2025, atteignant 380 411 hectares, soit une hausse de 1 % par rapport à 2024. Plusieurs groupes d’espèces affichent une dynamique particulièrement positive en surfaces, notamment le lin et chanvre (+18 %), les pommes de terre (+9 %), les céréales à pailles et protéagineux (+2 %), et le maïs et le sorgho (+2 %). Le secteur des semences biologiques a également repris sa progression, avec une hausse de 4 % des surfaces de multiplication en 2025. « La filière est confiante dans sa capacité à atteindre l’objectif européen de couvrir 100 % des espèces en production biologique d’ici 2036, garantissant ainsi une offre complète pour l’agriculture biologique française », s’est réjoui Pierre Pagès, président de Semae. Si la filière continue à faire face à l’érosion du nombre d’agriculteurs multiplicateurs (16 504 en 2025), la taille moyenne des contrats de multiplication est en augmentation, illustrant une concentration et une organisation plus performante pour sécuriser la production. « Sécuriser le réseau d’agriculteurs multiplicateurs est l’un des enjeux de l’interprofession. La formation et le recrutement des futurs professionnels de la semence passe par de nombreuses actions dont une chaire semences que Semae porte avec l’Institut Agro Rennes-Angers », a souligné Bruno Ferreira, directeur général de Semae.

    L’innovation et l’excellence comme réponse aux défis climatiques

    La filière maintient son engagement en matière de recherche et développement pour anticiper les défis climatiques et accompagner la transition agroécologique, avec environ 11 % de son chiffre d’affaires investi en R&D, un taux supérieur à celui du domaine pharmaceutique, ce qui est un moteur essentiel de sa compétitivité. Semae a lancé un partenariat avec Axa Climate pour évaluer les risques climatiques et modéliser l’impact futur sur les productions, permettant d’éclairer les décisions stratégiques à long terme (horizon 2050).