La filière châtaigne s’organise autour d’un plan national inédit

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    Dans le cadre d’un plan national châtaigne, le SNPC souhaite dynamiser la filière de ce fruit frais à travers des projets de recherche et un dialogue tourné vers l’aval.

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    Créé en 2012 à la suite des travaux du Comité national cynips, le SNPC (Syndicat national des producteurs de châtaignes) est né d’un constat partagé : « la nécessité de dépasser les logiques de bassins de production pour partager les problématiques de la filière et trouver collectivement des solutions », explique Éric Bertoncello, chargé de mission du SNPC. Historiquement, la filière est fragmentée : « Les bassins de production ne communiquaient pas entre eux, Sud-Ouest d’un côté et Sud-Est de l’autre, avec des stratégies de production différentes. »

    Aujourd’hui, le syndicat fédère 9 structures réparties sur les principaux bassins (Corse, Var, Ardèche, Cévennes, Cantal, Haute-Vienne, Corrèze, Dordogne et Lot), représentant environ 910 producteurs. Ouvert à l’ensemble des professionnels, il se veut un espace de dialogue élargi, y compris au-delà de ses adhérents.

    Des enjeux sanitaires et climatiques majeurs

    Lancé en mars 2024 dans le cadre des crédits Parsada, le plan national châtaigne constitue un changement d’échelle majeur pour la filière. Doté de 5 millions d’euros, il est copiloté par le SNPC et des instituts techniques et de recherche comme l’Inrae, le CTIFL, le CNRS, Invenio ou les Chambres d’agriculture.

    Il vise à produire des résultats directement mobilisables par les producteurs pour sécuriser la production et renforcer la résilience de la filière castanéicole française. Au-delà des aspects techniques, il constitue un véritable levier de structuration collective et un socle pour les politiques futures, traduisant l’évolution vers une filière plus organisée et collaborative.

    Le 7 avril dernier, une quarantaine d’acteurs impliqués dans ce plan national se sont réunis à l’initiative du SNPC pour faire le point sur son avancement. Structuré autour de 7 projets interconnectés, il consacre près de 80 % des moyens aux enjeux sanitaires (encre, chancre, chenilles foreuses) et climatiques. Dans ce cadre, la pourriture des fruits s’impose comme une problématique centrale.

    En verger comme en post-récolte, l’objectif est de limiter les pertes et d’améliorer la qualité des fruits commercialisés. La dynamique de production précoce, avec des récoltes dès mi-septembre, se heurte en effet aux réalités du marché : « À cette époque, les gens ne veulent pas manger ce fruit, car il fait encore chaud. C’est l’été. » Ce qui complique la conservation et favorise les pertes.

    Dans ce contexte, les stratégies historiques fondées sur la précocité et les gros calibres sont remises en question : « Avant, avoir une précocité sur les gros calibres était une stratégie payante. Aujourd’hui, c’est plus défavorable. » Autres enjeux majeurs : la maladie de l’encre et l’adaptation au changement climatique. Les effets sont déjà très concrets dans certains bassins de production. « En Ardèche, on a des vallées entières exposées versant sud à basse altitude où les châtaigniers sont tous morts », alerte Éric Bertoncello, illustrant l’ampleur des impacts observés sur le terrain.

    Mieux piloter la filière et ses débouchés

    Au-delà des enjeux techniques, le plan vise aussi à renforcer la structuration économique de la filière. L’objectif est de consolider un dialogue national encore récent mais jugé indispensable pour accompagner la montée en puissance du secteur. Cette dynamique s’appuiera notamment sur des actions concrètes aux services des entreprises, parmi lesquelles des projets de communication nationale et un observatoire économique destiné à mieux piloter la production et les marchés.

    En début d’année, une trentaine d’entretiens ont été menés auprès d’entreprises de l’aval représentant une forte part des volumes transformés et commercialisés. Ces échanges font émerger une convergence de diagnostics : recul du marché du frais, intensification de la concurrence européenne et nécessité de mieux valoriser la châtaigne sur ses différents débouchés.