Les grossistes ont célébré les 80 ans de l’UNCGFL en traçant les contours d’un métier en mutation, entre défis logistiques et transmission.

La convention professionnelle de l’UNCGFL (Union nationale du commerce de gros en fruits et légumes) a rassemblé, du 16 au 18 avril 2026 à Arles, les acteurs du secteur autour d’un objectif commun : se projeter collectivement dans le futur du métier de grossiste. « Cette édition anniversaire se veut essentielle, fédératrice et résolument tournée vers l’avenir », a introduit son nouveau président, Olivier Feno-Feydel.
Les professionnels ont mis à profit ce temps de pause, au milieu de leur quotidien chargé, pour confronter leurs visions et partager leurs préoccupations, qu’elles soient économiques, environnementales ou organisationnelles. « Il nous faut avancer et construire ensemble dans un monde en mutation, en bâtissant des ponts et en se réinventant. »
Cette séquence a également été marquée par des évolutions au sein de la gouvernance de l’union, avec l’arrivée récente d’Hermine Chombart de Lauwe en tant que déléguée générale et la création d’un poste de vice-président, confié à Nordine Agueni, dirigeant de Sud Primeurs à Marseille.
Un métier pivot, entre champ et assiette
La table ronde de la matinée, « grossistes : écrire la suite » a permis de dresser un état des lieux du métier, à travers trois regards complémentaires. Tour à tour, les intervenants ont défini le grossiste. « Un partenaire de confiance », selon Mickael Dubois, directeur de la restauration collective à St-Denis, qui souligne la simplicité, la sécurité et la communication fluide comme atouts majeurs de la collaboration avec un grossiste.
Tous ont insisté sur son rôle indispensable dans l’organisation des flux, par exemple en restauration collective : « Sans les grossistes, une centrale à 10 000 repas par jour ne fonctionne pas. »
Le cœur du métier de grossiste repose aussi sur un lien indéfectible avec les producteurs, « que l’IA ne pourra jamais remplacer », insiste Louis-Marie Asselin, grossiste à Rungis. « Nous sommes des experts de nos clients, mais aussi des producteurs ; sans cette connaissance terrain, pas de valeur ajoutée possible. » Pour lui, le grossiste de demain doit « comprendre les métiers de la production, recréer du lien avec les producteurs », car « ils ont réellement besoin de nous pour valoriser leurs produits ».
Face aux défis réglementaires, les professionnels appellent à une implication en amont des pouvoirs publics. « Il faut sensibiliser les parlementaires sur le terrain pour éviter des lois déconnectées », ont souligné les professionnels de l’assemblée. Les collectivités et décideurs sont invités à rencontrer les acteurs du secteur avant de légiférer, afin d’éviter des mesures contre-productives pour la profession.
Transmettre, céder et attirer pour durer
L’atelier dédié à la transmission a révélé un constat urgent : dans un secteur où seulement 30 % des reprises sont familiales, le risque est grand de voir disparaître des entreprises viables, faute de repreneurs. « Plus de 600 000 PME sont à transmettre d’ici 2027 et le métier de grossiste, exigeant et technique, ne fait pas exception », a rappelé Olivier Feno-Feydel.
Pour Manon Peloux, qui a repris l’entreprise familiale A2mains, la clé réside dans l’équilibre entre héritage et innovation : « Il faut à la fois honorer le travail des générations précédentes et s’émanciper pour moderniser l’activité. » Du côté des cédants, la transmission se prépare à long terme. Yves Mustel, qui a cédé Sital à Cyril Boddaert, a insisté sur la nécessité de se faire accompagner par un tier extérieur : « Cela coûte de l’argent, mais apporte de la valeur à l’entreprise. »
Un autre défi de taille pour dynamiser l’attractivité du métier : attirer les nouvelles générations malgré des contraintes horaires et physiques parfois décourageantes. « Comment concilier vie de famille et métiers du frais, où l’immédiateté et la flexibilité sont reines ? » s’interrogent certains jeunes du secteur, et d’autant plus les femmes du métier dans un parcours de maternité.
L’UNCGFL a ici un rôle clé à jouer. Grossiste reste un métier d’avenir, à condition de savoir le réinventer.











