Une journée portes ouvertes dédiée aux cultures de melon et de pastèque a accueilli producteurs, techniciens, semenciers et partenaires de la filière.

La station d’expérimentation Sudexpé, à Marsillargues (34), a dédié une journée, le 2 juillet dernier, aux cultures de melon et de pastèque. Au programme : présentation des résultats des essais variétaux 2026, visites des plateformes d’expérimentation et dégustations, mais également un tour d’horizon des principaux projets de recherche conduits sur la station. « Cette journée rassemble les producteurs, leurs techniciens et les semenciers des variétés testées. Nous organisons ces rendez-vous deux fois par an afin de partager les résultats et de faire avancer la filière collectivement », a expliqué Madeleine de Turckheim, responsable de l’équipe maraîchage de Sudexpé.
Des essais variétaux pour guider les producteurs
Plus d’une soixantaine de variétés de melons et de pastèques, proposées par les semenciers Gautier, Clause, Syngenta, Sakata, Rijk Zwaan, Nunhems ou encore Fito, sont évaluées à la station selon un protocole commun aux stations du réseau national d’expérimentation. Menés dans le cadre du partenariat Cap Expé Occitanie, qui réunit quatre chambres d’agriculture et cinq stations d’expérimentation, ces travaux visent à produire des références techniques harmonisées pour accompagner les choix variétaux des producteurs à l’échelle régionale et nationale.
Les observations portent sur de nombreux critères agronomiques et commerciaux : précocité, durée du cycle, vigueur et tenue des plantes, calibre des fruits, coloration, qualité gustative, teneur en sucre, aptitude à la conservation ou encore sensibilité aux maladies. Plusieurs créneaux de production sont étudiés, des variétés précoces aux variétés de saison, avec différents modes de conduite sous chenilles ou bâches. Les essais, financés par des partenaires privés et des fonds publiques, permettent, notamment, d’identifier les variétés répondant aux attentes du marché.
Pour la pastèque, les producteurs privilégient désormais des fruits de plus petit calibre, juteux, suffisamment sucrés et présentant une bonne tenue après récolte. Les dégustations organisées durant la visite, réalisées après six jours de conservation au froid, servent à évaluer ces qualités en conditions proches de la commercialisation.
Répondre aux défis futurs
Au-delà du volet variétal, plusieurs essais thématiques étaient présentés sur le terrain. La station conduit, par exemple, le projet Vispesyd’Oc, consacré au développement de solutions de biocontrôle contre la bactériose, le mildiou, l’oïdium et les acariens en culture de melon. Les premiers résultats confirment l’intérêt des produits à base de cuivre contre la bactériose et le mildiou, tandis que le produit de biocontrôle Essen’Ciel montre des résultats encourageants contre l’oïdium.
Autre projet présenté, Cocomel vise à concevoir des itinéraires techniques plus sobres en intrants et adaptés au changement climatique. L’ambition est de réduire fortement l’usage des produits phytosanitaires, mais aussi les consommations d’eau et d’engrais, tout en maintenant les performances technico-économiques des exploitations.
La gestion de la ressource en eau fait également l’objet d’un suivi avec le projet Stress Leg, qui teste un pilotage fin de l’irrigation de la pastèque à l’aide d’outils de mesure de l’état hydrique des sols. Les essais cherchent à réduire jusqu’à 50 % les apports d’eau sans pénaliser les rendements, tout en évaluant l’intérêt de biostimulants face au stress hydrique. Ces portes ouvertes ont été l’occasion pour Sudexpé d’illustrer le rôle central des stations d’expérimentation dans la production de références techniques, indispensables pour accompagner l’évolution des pratiques et répondre aux nouveaux enjeux économiques, réglementaires et climatiques des filières agricoles.












