Après une campagne 2025 décevante en volumes, mais satisfaisante en qualité, les professionnels de la Noix de Grenoble abordent 2026 avec plusieurs évolutions majeures, évoquées lors de l’assemblée générale du CING le 10 septembre à Chatte (38).

Avec 596 producteurs habilités et 6508 ha, la Noix de Grenoble reste solidement implantée dans son territoire, à 81 % en Isère et 18 % dans la Drôme, le petit reste en Savoie. Cependant, les surfaces, longtemps stables, affichent depuis quelques années une érosion plus marquée. Elles ont reculé de 8 % en dix ans, tandis que le nombre d’exploitation a diminué de 33 %.
La campagne 2025 illustre aussi la fragilité des volumes. Sur 10 127 tonnes de noix de plus de 28 mm récoltées, seules 7 266 t ont finalement été commercialisées sous AOP, en raison notamment de nombreux petits calibres. Une « petite mais jolie récolte », avec peu d’écarts de tri et une excellente qualité des cerneaux, selon le CING (Comité interprofessionnel de la Noix de Grenoble). Pour 2026, les premières estimations sont plus favorables sur les calibres, mais les conséquences de la sécheresse, de la canicule et des noix brûlées restent difficiles à mesurer.
La variété Fernor entre dans l’AOP
Cette campagne marque aussi une petite révolution pour l’AOP. Pour la première fois depuis 1938, une nouvelle variété rejoint son cahier des charges : la Fernor. Elle pourra être commercialisée sous AOP dès 2026. « Une bouffée d’oxygène », estime Christian Nagearaffe, président du CING. « Plus favorable aux gros calibres, notamment recherchés à l’export, elle pourrait, à terme, apporter environ 1 000 tonnes supplémentaires », d’après son estimation.
Le nouveau cahier des charges introduit également plusieurs évolutions : altitude des vergers limitée à 800 mètres ou encore enherbement obligatoire toute l’année. Mais l’ODG ne compte pas s’arrêter là : un cahier des charges spécifique au cerneau doit prochainement entrer en instruction. L’objectif est d’ouvrir de nouveaux débouchés, notamment dans la transformation et l’industrie agroalimentaire, alors que « valoriser la Noix de Grenoble uniquement dans la coque devient très compliqué », précise Christian Nagearaffe.
Préparer la noix de demain
En parallèle, le CING muscle sa communication pour inciter à consommer davantage. Présence digitale, vidéos, relations presse, événements sportifs ou encore fresque pédagogique, nombreux sont les supports développés. Ils mettent désormais davantage l’accent sur le fruit et ses dimensions « santé, énergie, saveur ».
Cette dynamique devra néanmoins s’accompagner d’un renouvellement de l’outil productif. Jean-Claude Darlet, président de l’APNSE (Association des producteurs de noix du Sud-Est), estime que « 50 à 70% des vieux vergers pourraient être à renouveler ». Un chantier complexe, alors qu’un nouveau noyer ne rentre en production qu’à partir de la 7e année et que 80 % des exploitants ne seraient pas propriétaires des parcelles. « Nous sommes vraiment à un tournant de la filière, nous arrivons au bout d’un système. Même si nous avons une nouvelle variété, la Fernor, cela ne suffira pas à combler cette évolution plutôt négative de la production dans nos vallées », prévient-il. En parallèle, la filière nationale travaille donc sur les porte-greffes, les nouvelles variétés et de nouveaux débouchés commerciaux.


Voir l’interview de Christian Nagearaffe, président du CING. © végétable










