Sous réserve des aléas climatiques des prochaines semaines, la campagne abricot 2026 s’annonce globalement mieux orientée qu’en 2025, sans pour autant retrouver un plein potentiel de production. Nous partageons ici quelques perspectives et témoignages de professionnels sollicités dans le cadre du dossier fruits à noyau à paraître en mai prochain dans végétable…

En Espagne, l’arrivée des premiers fruits est attendue dès la fin avril dans la région de Murcie, avec une légère avance. « Les voyants sont au vert, avec des volumes corrects et 4 à 5 jours d’avance » indique Grégoire Limone, directeur commercial du Comptoir Rhodanien, qui cultive 120 ha d’abricots dans la région. Une tendance que d’autres opérateurs relativisent toutefois.
« Après une année 2025 en fort déficit, on devrait progresser, mais cela risque de rester un tiers en dessous du potentiel normal de production », précise Miguel Angel Sanchez Salmeron, producteur à Murcie pour Fruit Team. Plus au nord, la situation apparaît plus incertaine. En Aragon et en Catalogne, le manque de fruits suscite des interrogations.
En cause, un phénomène encore mal identifié : « sans doute situé entre la fin de l’été et le début de l’hiver 2025, qui a entraîné une forte nécrose des bourgeons dans les vergers touchés », explique Christophe Bouchet, directeur de l’amélioration variétale d’ASF Frutaria. « Dans certains cas extrêmes, jusqu’à 90 % des bourgeons sont tombés ».
Une relative sous-offre
En France, les prévisions sont elles aussi contrastées selon les bassins. La région de Perpignan devrait enregistrer une baisse de volumes, malgré une précocité marquée « On se dirige plutôt vers une campagne de 15 à 20 % en dessous du potentiel, mais pas de quoi inquiéter les marchés », estime Grégoire Limone.
Mais cette relative sous-offre ne prédit pas pour autant de niveaux de prix plus soutenus. « Car le commerce et la consommation d’abricots sont avant tout très climato-dépendants », rappelle Franck Secalot, directeur de Albice Fruit.
Au-delà de cet épisode, la filière est confrontée à une variabilité croissante. « L’abricot est particulièrement sensible au changement climatique, avec des comportements très hétérogènes d’une variété à l’autre », souligne Christophe Bouchet. « On s’attend à des cycles de plus en plus anarchiques par rapport aux variétés de référence. » Une instabilité qui complique la lecture de campagne et renforce l’incertitude, tant sur les volumes que sur la dynamique de marché.










