Entre exigences réglementaires et pénurie de main-d’œuvre, l’attractivité devient un enjeu clé pour les coopératives. Le sujet était au cœur des échanges lors de l’assemblée générale de Felcoop.

Réunis le 22 avril à Paris en assemblée générale, les adhérents de Felcoop ont placé la question sociale au coeur de leurs échanges cette année. La table ronde consacrée à « l’attractivité des métiers » a mis en lumière un enjeu désormais structurant pour les coopératives fruits et légumes, qui totalisent près de 8 000 salariés. Dans un contexte de durcissement réglementaire et de tension sur le marché de l’emploi, la problématique dépasse le seul renouvellement des exploitants pour concerner pleinement les salariés.
« Cela reconfigure la fonction RH dans les coopératives : au-delà de la question du coût salarial, il est question d’attractivité, de difficulté à recruter certains profils clés, d’accès au logement », a souligné Christophe Belloc, président de Blue Whale et de la commission sociale de Felcoop. « L’attractivité devient alors non seulement un levier de recrutement, mais surtout un facteur de résilience et de performance durable. » Un équilibre délicat à trouver, car « toute la difficulté, c’est de faciliter le recrutement tout en maintenant la compétitivité économique ».
Mieux faire connaître les métiers
Le diagnostic est partagé par les pouvoirs publics. France Travail a engagé des actions pour mieux faire connaître les métiers auprès des demandeurs d’emploi et des personnes en reconversion. Et au-delà de la visibilité, la qualité de l’emploi apparaît déterminante : conditions de travail, management, logement ou transport. « Il y a une marge de progrès importante », a reconnu Alexandre Martin, de la DGPE (ministère de l’Agriculture).
Parmi les leviers activés, la charte emploi vise à structurer les pratiques RH : formalisation des parcours d’intégration, amélioration des offres d’emploi ou encore outils d’autoévaluation. De son côté, Ocapiat déploie une campagne de communication nationale et des outils pédagogiques. « Il faut aller vers les jeunes en utilisant leurs codes, notamment les réseaux sociaux et les événements », a insisté Isabelle Helsens, responsable du pôle développement de l’apprentissage.
Sur le terrain, les coopératives multiplient les initiatives. « Job dating, parcours de mobilité interne, travail sur la marque employeur locale : l’objectif est de renforcer notre attractivité à tous les niveaux », a témoigné Muriel Socheleau, DRH de Savéol. Enfin, l’entrée en vigueur de la nouvelle convention collective « 4 branches » marque une étape structurante. Elle harmonise les règles sociales tout en préservant les spécificités des filières, avec notamment une nouvelle classification des emplois et une révision des grilles salariales










