Ouverte fin février à Neuilly-sur-Seine, Maison LFL marque une nouvelle étape pour Atef Barbouche, issu d’une famille de primeurs depuis 1948. Avec ce concept store, il cherche à repositionner le fruit au cœur d’un univers de création artistique.

Pourquoi avoir ouvert ce concept store à Neuilly et que représente-t-il ?
Je voulais réunir en un seul lieu mes créations et une sélection des meilleurs fruits et légumes. L’idée est de proposer un concept qui mêle le monde du primeur et la pâtisserie de demain, avec une vraie dimension de création autour du fruit : de la salade de fruits revisité au gâteau 1 000 fruits, qui se sert à la part, en passant par les sushis de fruits.
Quels sont les retours des clients, notamment des particuliers ?
Nous voyons que les créations séduisent un public très large. Des personnes qui ne consomment pas forcément de fruits s’y intéressent. Nous le constatons notamment avec les gâteaux de fruits pour les anniversaires : des enfants qui n’en mangent pas d’habitude y prennent goût. Le côté visuel et festif joue beaucoup et permet de réintroduire le fruit dans certains moments de consommation, notamment les cérémonies familiales.
Comment s’organise la production de vos créations ?
Nous nous approvisionnons majoritairement à Rungis, auprès de grossistes spécialistes ou sur le carreau de producteurs. Les commandes sont passées la veille et préparées dans la matinée, puis expédiées avant 11 h. Aujourd’hui, je m’appuie sur deux laboratoires. Le premier situé au cœur de Paris est consacré aux créations, avec une équipe de 6 personnes formées à la réalisation de mes créations fruitières. Le second, situé à Nanterre, est dédié à la partie entreprise, avec notre propre service de livraison directe.
Quel est votre positionnement sur le BtoB ?
On est aujourd’hui sur un équilibre 50/50 entre BtoB et BtoC. De plus en plus de grandes entreprises sont demandeuses de corbeilles de fruits à proposer à leurs salariés. Nous y répondons avec une sélection très qualitative de fruits bruts. Nous intervenons aussi sur des événements professionnels avec des animations, comme des shows culinaires autour du fruit. Cela nous permet de couvrir à la fois des usages du quotidien et des moments plus événementiels.
Comment diffusez-vous ce savoir-faire ?
J’ai formé des primeurs dans toute la France à mes techniques. L’idée était qu’ils deviennent des ambassadeurs de ces créations dans leur région. Cela leur permet de se différencier et de proposer une offre à forte valeur ajoutée autour du fruit.
Quelles sont les évolutions du concept et vos projets ? Aujourd’hui, nous continuons d’ajuster le modèle. Combiner la partie primeur et la partie création reste un enjeu de rentabilité, et nous réfléchissons à faire évoluer le concept en nous concentrant davantage sur la fraîche découpe, les jus et les créations fruitières. En parallèle, je suis en discussion avec des investisseurs à l’étranger, notamment à Miami. Ça serait un rêve de pouvoir y développer ce concept et d’y porter cette approche artistique du fruit.














