L’assemblée générale de la Fédération des maraîchers nantais, tenue le 18 décembre, a mis en lumière les priorités de la filière en matière de communication, d’attractivité des métiers et de coopérations territoriales, dans un contexte de tensions persistantes sur l’emploi et les ressources.

Réunie le 18 décembre, la FMN (Fédération des maraîchers nantais) a tenu sa 98ᵉ assemblée générale devant une salle comble, en présence de représentants des collectivités locales, de la chambre d’agriculture et de Légumes de France. L’occasion pour son président, Régis Chevalier, de dresser le bilan d’une année dense et de tracer plusieurs perspectives pour la filière. Administrateurs et équipes sont restés fortement mobilisés en 2025 sur les dossiers sociaux, qu’il s’agisse du recrutement, du droit du travail ou encore du logement, ainsi que sur les enjeux environnementaux. Le président a souligné la qualité du travail mené avec les services de l’État tout au long de l’année.
Renforcer la communication et l’attractivité des métiers
Face au constat d’une méconnaissance persistante des métiers du maraîchage sur le territoire, en particulier auprès des jeunes, la fédération souhaite accentuer ses actions de communication. Après une première participation au marathon de Nantes fin avril – avec une mise en avant du muguet offrant une visibilité auprès de 20 000 coureurs et 40 000 visiteurs venus de toute la France –, l’opération sera reconduite en 2026. Deux films de promotion des métiers de plein champ et sous abris ont également été diffusés en 2025. « Il faut continuer à investir du temps et de l’argent dans la communication, pour être plus connus, plus attirants et plus forts », a insisté Régis Chevalier, qui a annoncé l’arrivée prochaine d’un salarié dédié à la communication pour les maraîchers nantais.
Insertion et inclusion : un partenariat mis en avant
L’assemblée a aussi été l’occasion de mettre en lumière le partenariat noué avec l’association Les Extraordinaires, engagée dans l’insertion des personnes en situation de handicap mental. « Notre objectif, c’est de créer de l’emploi en milieu ordinaire, d’interpeller et de faire changer le regard sur le handicap », a expliqué sa fondatrice, Flore Lelièvre. Une démarche saluée par Régis Chevalier, qui a évoqué « des rencontres humaines très enrichissantes ».
Des filières locales confrontées à des problématiques convergentes
Trois filières locales – viticulture, arboriculture et horticulture – ont ensuite présenté leurs organisations et partagé des problématiques communes, notamment autour de la gestion de l’eau et de la main-d’œuvre, tout en esquissant des pistes de synergies possibles en matière de communication et de valorisation des productions du territoire. La filière muscadet, qui représente 6 000 hectares en AOC, a ainsi détaillé sa stratégie de communication axée sur la valorisation des terroirs, des savoir-faire et des producteurs, avec un budget annuel supérieur à 600 000 €. « Alors qu’il y a encore dix ans les Nantais n’étaient pas forcément fiers de leur muscadet, aujourd’hui ils sont prophètes en leur pays, c’est un pari quasi réussi », a déclaré François Lieubeau, président de la commission communication de la Fédération des vins de Nantes. Un travail qui passe par une ouverture au public, l’organisation d’événements B2B et B2C et l’implication des prescripteurs que sont les restaurateurs, sommeliers et cavistes. « La valorisation est la clé de l’avenir pour rémunérer les producteurs et leur permettre d’investir. »
Les échanges ont également porté sur les passerelles possibles entre filières locales. Parmi les pistes évoquées figurent la relance du trio emblématique « mâche, muguet, muscadet » comme levier de communication territoriale, ainsi qu’un travail commun en direction des jeunes sur l’attractivité des métiers, en lien avec la question de la transmission des exploitations. Les représentants ont aussi souligné des enjeux partagés en matière d’emploi, de logement et de gestion de l’eau. Guilhem Bost, président de Verdir Pays de Loire (syndicat des horticulteurs pépiniéristes), a également soulevé les enjeux partagés de souveraineté, précisant que « 85 % des végétaux pour l’aménagement des espaces verts sont importés, alors que la région est un fort bassin de production ».










