Poire : récoltes européennes en baisse sauf au Portugal

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    Le dernier congrès Interpera, fin juin, a révélé que la vague de gel de printemps a également atteint la poire, en particulier en France.

    Sans surprise, la récolte de poire sera en diminution, sauf au Portugal qui annonce une prévision de récolte de + 56 %. Telle est la photographie à l’instant t révélée lors du dernier congrès Interpera le 29 juin, organisé par l’Areflh, en format webinaire pour cette année encore. Après être entré dans le détail d’un état des lieux des floraisons et nouaisons pays par pays sur le printemps 2021, et de la situation pour chaque variété, les principaux pays producteurs européens ont annoncé leurs pronostics. Belgique et Pays-Bas ont prévu – 30 % de récolte de poires, soit environ 275 000 t en 2021 par rapport à 2020 dans chacun des deux pays. L’Espagne a annoncé – 5 %, soit 292 000 t, quand le Portugal s’est montré optimiste avec + 56 %, à 210 000 t. « Nous pensons que nous pouvons récupérer notre potentiel productif. Nous avons eu une forte nouaison. Il y a eu un peu de gel, mais il n’a pas frappé tout le pays », a précisé Delia Fialho, représentant la poire Rocha pour le Portugal.

    La situation s’avère préoccupante pour la France, qui a accusé le coup en prévoyant une chute de récolte estimée globalement à – 50 %, à 60 000 t, alors qu’un vent d’optimisme soufflait sur la production de poires en France avec un renouvellement en verger et la plantation de nouvelles variétés relevées dans plusieurs structures majeures du pays. Tel en a témoigné David Socheleau, general manager du Verger de la Blottière, au cours d’une table ronde. « La situation est surtout préoccupante en Williams et Guyot. Nous étions sur une belle floraison en poires d’été, stade très sensible. Des producteurs de poires d’été ont tout perdu, la situation est très hétérogène, la prévision assez difficile. Sur l’automne et l’hiver, la situation ne sera pas glorieuse. L’année sera vraisemblablement difficile pour les producteurs français par le manque de volumes », a précisé Vincent Guérin, responsable des affaires économiques de l’ANPP. La situation s’avère compliquée en Italie également, qui ne déclare fin juin aucune estimation claire, et alors que 2019 puis 2020 avaient connu un seuil plancher à 610 000 t, la production avoisinant 1 Mt au début des années 2000 dans ce pays.

    Face à cela, les vingt intervenants ont précisé qu’il leur « faudra planifier au mieux les achats et les ventes pour la saison à venir » et, dans ce but, continuer à se coordonner au niveau européen pour alimenter au mieux les marchés « et ne pas laisser les clients démunis ». Ils se sont accordés pour affirmer que la communication sur la poire (atouts santé, variétés, saveurs) reste la clé pour dynamiser les marchés. Enfin, une table ronde sur les importations-exportations de poires en UE a permis de confirmer l’hétérogénéité des situations et des stratégies des pays producteurs de l’UE. Interpera espère donner rendez-vous aux principaux acteurs du secteur en présentiel à Rotterdam en 2022.

    Retrouvez un article dédié à la poire dans l’édition de septembre 2021.