L’emballage de transport en plastique réutilisable : un maillon stratégique

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Les circonstances de crise constituent des moments de révélation (c’est d’ailleurs le vrai sens du mot apocalypse) des hommes et de leur action : le consommateur a changé en quelques semaines de regard sur l’agriculture qui le nourrit. Il peut aussi reconnaître tous ceux qui contribuent à l’acheminement de cette production jusqu’à sa table. Ifco en fait partie : Pierre-Olivier Blanchard, vice-président Europe du Sud d’Ifco  témoigne.

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Comment s’est passé ce début de crise pour Ifco France ?

Dès la semaine précédent le confinement, la demande a commencé à grimper pour tenir un rythme de croisière en hausse de près de 50 % par rapport à notre prévisionnel de début d’année. Après un léger tassement, nous estimons que nous allons tourner durablement sur un régime de 35 à 40 % supérieur à notre prévisionnel. Nous n’avons pas d’information précise sur les produits transportés, mais il nous semble qu’il s’agit majoritairement des produits de fond de rayon. Nous avons par exemple vu les flux de box de pommes de terre doubler.

Comment avez-vous pu gérer une demande aussi inopinée ?

Comme nous étions en croissance, nous avions des ressources pour accélérer, mais nous avons dû mobiliser le stock de sécurité maintenu jusque là chez notre fabricant et naturellement faire tourner nos centres de lavage au maximum : toutes les lignes de lavage tournent actuellement en 3 x 8. Tout est fait pour accélérer nos rotations tout en assurant le passage par le centre de lavage à chaque cycle. La nette relocalisation des flux sur le territoire national nous facilite l’exercice et nous observons par ailleurs une réduction des échanges internationaux dans ce contexte.

Comment gérez-vous cela sur le plan humain ?

Cet aspect là est naturellement fondamental. Dans le contexte de crise et du confinement, notre activité est considérée comme stratégique pour le bon approvisionnement alimentaire de la population et cette mission est porteuse pour toutes nos équipes. Au niveau du personnel de bureau, nous avions anticipé le confinement et testé la semaine précédente l’efficience de notre configuration en télétravail. C’est opérationnel, mais avec le temps je réalise que cela exige un accompagnement soutenu face au sentiment de solitude résultant d’un lien social distendu. Il faut donc consentir un gros travail d’animation et de contact, avec des téléconférences régulières pour soutenir les motivations.

Et dans les centres de lavage ?

Il est difficile de maintenir la motivation d’un personnel qui doit souvent assumer du transport en commun et la crainte de contamination pour continuer à travailler, mais nous n’enregistrons qu’un taux d’absentéisme compris entre 10 et 12 %, ce qui est remarquable. La situation est stable, mais nous la suivons de très près car, dès lors qu’un cas de contamination serait avéré, on peut craindre un mouvement de panique, bien que nous ne soyons pas dans une activité à risque, a fortiori avec le haut niveau d’automatisation de nos centres. Naturellement, nos équipes travaillent avec gants, masques, tabliers. L’organisation procède par marche en avant systématique. Nous évitons tout croisement, toute proximité physique. Nous avons pris soin de décaler les pauses pour éviter des présences simultanées dans les réfectoires ou les vestiaires. Nous assurons le transport de personnes mal desservies par les transports en commun. Mais je tiens vraiment à saluer tout particulièrement l’engagement des 250 personnes qui travaillent sur nos centres logistiques. Il y a de leur part, une vraie contribution à l’intérêt collectif dans cette situation de crise.

Comment se passe le transport des bacs ?

Nous avons connu quelques préoccupations au début, quand les syndicats de routiers espagnols ont refusé de reprendre la route. Mais les entreprises ont veillé à l’accueil des chauffeurs, les stations d’autoroute ont été rouvertes et les flux ont repris. Alors que beaucoup d’industries sont à l’arrêt, nous ne sommes pas confrontés à un déficit d’offre de transport. Pour autant, nous sommes conscients que le contexte est difficile pour certaines entreprises et nous avons pu, dans certains cas, consentir certaines hausses tarifaires ciblées. Mais n’oublions pas que le coût des carburants a beaucoup baissé, ce qui tempère aussi les hausses de coût éprouvées par les transporteurs.

En conclusion provisoire ?

Nous fonctionnons à plein régime et c’est pour nous un honneur de participer à la chaîne alimentaire dans le contexte actuel. Tous les acteurs de ces filières méritent d’être salués au même titre que les soignants dans ce contexte de crise car leur contribution est essentielle. Je remercie notre personnel qui participe activement à cette chaîne d’approvisionnement alimentaire. Dans ce contexte très lourd, il faut savoir reconnaître ce qui se passe de positif. Je dois ainsi évoquer nos partenaires bancaires qui sont venus spontanément nous faire part de leur capacité de nous aider à passer le cap et nous assurer de leur accompagnement. Mais nous ne souffrons pas et nous préférons laisser ces aides à ceux qui en ont vraiment besoin.