Privée de débouchés industriels pour les plus petits calibres d’artichaut depuis la fermeture de l’usine Ravalec (groupe D’Aucy) en 2022, la production bretonne a su rebondir.

Les producteurs de la coopérative Les Maraîchers d’Armor et de la Sica de Saint-Pol-de-Léon ont investi ensemble 2 millions d’euros pour monter leur propre outil de surgélation, mis en service courant été 2024. Implanté à Brodreguer (Côtes-d’Armor) depuis 2020, le site déjà consacré à la surgélation des grains de coco, a été agrandi pour accueillir une ligne de préparation des fonds d’artichauts. « Nous sommes les seuls fournisseurs de fonds d’artichaut origine France », affirme Vincent Le Quellec, responsable de section artichaut.
L’atelier, d’une capacité de 110 tonnes par an, transforme jusqu’à une tonne de produit fini par jour. Il faut une tonne d’artichauts entiers pour obtenir 100 kg de fonds, ce qui représente 90 % de déchets, valorisés dans les parcelles voisines. Les trois variétés de gros artichauts – Camus, Castel, Cardinal – peuvent être utilisées.
Les têtes sont réceptionnées en palox, calibrées, stockées au froid, puis préparées : coupe mécanique avec des éplucheuses, éfouinage, blanchiment à 95 °C, refroidissement à cœur, parage et tri final manuel, puis surgélation et conditionnement. L’atelier emploie huit à douze personnes. Les fonds sont ensuite conditionnés en sachets de 500 g (marque Prince de Bretagne) ou en poches de 5 kg. « Une partie est vendue en GMS ou dans les enseignes spécialistes du surgelé, comme les cocos, une autre à la restauration commerciale ou en transformation, pour des tartinables par exemple », précise Florian Josselin, responsable innovation des Maraîchers d’Armor.
Pour les producteurs, cet outil répond à un vrai besoin : « Les années sèches où les calibres sont plus petits, jusqu’à 20 % de la récolte peuvent être valorisés grâce à la transformation », explique Vincent Le Quellec. « C’est un produit noble, avec une qualité gustative reconnue, qu’il faut savoir valoriser. »










