Le 23 février, au Salon de l’Agriculture à Paris, la coopérative Savéol a présenté son bilan 2025 et ses perspectives pour construire un futur positif.

Savéol sort d’une campagne 2025 positive, avec des rendements au rendez-vous et une bonne valorisation. La coopérative affiche un chiffre d’affaires de 264 millions d’euros, en progression de 10 %, et une croissance de 3,5 % en volume, avec 77 000 tonnes de tomates commercialisées. Mais « il reste des défis à relever », déclare Pierre-Yves Jestin, président de la coopérative, en référence aux tomates marocaines produites « dans des conditions sociales et environnementales bien différentes ». Dans un contexte où l’auto-approvisionnement français n’atteint que 50 % en tomates, « on doit continuer d’être des compétiteurs : il faut de bons sportifs et de bons entraîneurs ».
Pour préparer l’avenir, la coopérative mise sur la transmission et l’installation. Avec le programme Génération Savéol, l’objectif est de « créer un vivier, une véritable académie Savéol », en accompagnant les projets d’installation et de développement « avec une analyse des projets aussi sous l’angle humain ». La coopérative entend proposer des formations et donner aux jeunes producteurs une vision large de leur métier d’agriculteur, tout en adaptant ses pratiques aux attentes des nouvelles générations.
La question de l’installation
L’année 2026 devrait ainsi voir sept nouveaux adhérents rejoindre la coopérative, issus de parcours variés. « On observe clairement un engouement pour le maraîchage sous serre », souligne Thierry Gallou, directeur de Savéol. Depuis une quinzaine d’années, la coopérative enregistre en moyenne deux ou trois installations par an. Au-delà de la dynamique interne, la question de l’installation constitue un enjeu plus large pour la filière. « Un projet agricole est avant tout un projet entrepreneurial. Les coopératives accompagnent les jeunes dans la construction de parcours économiques résilients », rappelle Dominique Chargé, président de La Coopération agricole.
« Dans un contexte de souveraineté alimentaire, où les capacités de production françaises restent inférieures aux besoins de consommation, l’enjeu est d’assurer la continuité – voire le développement – de la production. Pour les coopératives, cet accompagnement passe notamment par l’aide au montage des projets, la sécurisation des débouchés et l’organisation de filières créatrices de valeur. »
Un rôle d’autant plus stratégique que les producteurs doivent composer avec des risques croissants : des aléas climatiques plus fréquents, une pression sanitaire accrue, des mouvements géopolitiques ou encore une évolution des modes de consommation. Dans ce contexte, Savéol souligne que l’enjeu central reste le nombre d’agriculteurs capables de s’installer durablement sur des exploitations viables et pérennes.










