Le prix de la fraise française

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    Entre les contraintes liées à la réglementation, les coûts de production, l’influence des GMS et tout simplement la loi de l’offre et la demande, nombreux sont les critères pour fixer le juste prix de vente des fraises françaises. L’AOPn Fraises de France prend la parole sur la construction du prix des fraises, dans un exercice de pédagogie à destination de la filière et du consommateur.

    © AOP Fraises de France

    Les coûts de production constituent la première contrainte à prendre en compte dans la détermination du prix des fraises françaises. La culture de fraises représente, pour les producteurs, un investissement de départ conséquent dans des infrastructures et équipements coûteux, sans oublier une dépense énergétique. Les fluctuations des coûts de l’énergie se répercutent donc sur les prix. À noter toutefois que les fraises cultivées sous abris consomment moins d’énergie que d’autres productions puisque le fraisier n’a pas besoin de hautes températures pour se développer. Les abris (serres, tunnels…) sont essentiels pour protéger ces fruits fragiles des aléas climatiques. La principale dépense énergétique est liée au chauffage qui permet notamment de maintenir le plant de fraisier à une température minimale, celui-ci se mettant au repos en dessous de 7 °C.

    Les coûts de la main d’œuvre, des intrants, des plants et de la lutte biologique sont également des charges importantes. De nombreux producteurs de fraises de l’AOPn Fraises de France sont engagés dans des démarches qualité (récolte à la main très soigneuse qui prend du temps), environnementales (lutte biologique) ou sociales (mise en place de logements pour la main d’œuvre), ce qui nécessite également des investissements importants. Les alternatives biologiques aux produits phytosanitaires, fréquemment utilisées dans la culture des fraises françaises, sont très coûteuses pour les producteurs. Toutes ces charges se répercutent forcément sur le prix de la fraise française, qui doit également permettre la juste rémunération des producteurs.

    La réglementation imposée en France justifie également le prix des fraises françaises. La main-d’œuvre coûte plus cher en France car le Smic y est plus élevé que dans d’autres pays producteurs de fraises. De plus, la récolte à la main nécessite une main-d’œuvre qualifiée. Au niveau environnemental, la loi Agec (antigaspillage pour une économie circulaire) prévoit l’interdiction des emballages plastiques pour tous les fruits et légumes à l’horizon 2026. L’AOPn Fraises de France est donc en phase active de recherche afin d’identifier une solution d’emballage alternative et aux coûts limités. Par exemple, le carton, a priori plus écologique mais plus cher que le plastique, et plus encombrant au niveau logistique, ne permet pas aux consommateurs de voir correctement le produit.

    Ce sont les GMS qui déterminent le prix final pour le consommateur, après concertation avec les coopératives et en fonction de l’offre et de la demande notamment. À ce stade de la saison, on se dirige plutôt vers une baisse des prix puisque l’offre arrive à son paroxysme. Et la grande distribution affiche de plus en plus de « promotions » de fraises françaises en rognant souvent ses marges. Tous ces facteurs expliquent l’amplitude des prix de celles-ci : les consommateurs peuvent choisir, selon leur budget, pour s’offrir ce produit plaisir made in France.