Une SICA Saint-Pol-de-Léon inquiète qui réclame plus de compétitivité

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    Les producteurs de légumes de la Sica Saint-Pol-de-Léon ont perdu de la valeur en 2025, malgré une production en hausse.

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    Les conditions favorables à la production de légumes partout en Europe ont entraîné une surproduction dans tous les bassins et une baisse généralisée des prix. La Bretagne n’y a pas échappé. Les 454 exploitations légumières de la coopérative finistérienne Sica Saint-Pol-de-Léon ont vu leur production augmenter d’un peu plus de 5,7 % à 177 800 tonnes de légumes, pour un chiffre d’affaires en baisse de 1 % à 188 M€. Mis à part la tomate (20 882 tonnes), la première espèce en chiffre d’affaires de la gamme de 47 légumes de la Sica, la salade 4e gamme et les produits bio, nombre de filières ont été fragilisées.

    En particulier le chou-fleur, dont le chiffre d’affaires a reculé de 31 % en un an, les pommes de terre primeur (-41 %) et l’artichaut (-14 %). La situation est encore pire sur le début de la campagne 2026 avec un chiffre d’affaires inscrit à la baisse dans la plupart des filières : -39 % pour la courge, -58 % pour l’échalote, etc.

    Le changement climatique, mais aussi…

    Pour le président de la Sica Saint-Pol-de-Léon, Marc Kéranguéven, cette situation résulte du changement climatique, mais aussi de « l’accumulation des normes, des distorsions de concurrence européenne, de la perte de compétitivité française et de l’absence d’un cap politique clair sur la souveraineté alimentaire. Nous ne demandons pas des aides, nous ne souhaitons pas vivre sous perfusion : nous voulons de la compétitivité. La France recule parce qu’elle ne joue plus avec les mêmes règles que ses voisins ».

    Le président de la Sica, également président du Cerafel, en a fait part à Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, le 12 mars dernier. Sans attendre une plus grande harmonisation des règles de production en Europe, demandée depuis longtemps, il propose d’engager « un travail collectif sur le territoire breton pour construire des synergies entre organisations de producteurs. »

    La coopérative rappelle par ailleurs qu’elle conduit déjà des actions auprès de ses adhérents en faveur de l’installation-transmission et de l’organisation des exploitations (dossiers de financement, recrutement de la main-d’œuvre saisonnière, etc.). Elle aide également ses adhérents à la modernisation de leur exploitation, notamment en les incitant à l’innovation