Un « Tour de France des alternatives » sous le signe de la coordination

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    À l’occasion du Sival, à Angers, les chercheurs de plusieurs stations régionales d’expérimentation ont présenté les résultats de leurs travaux pour identifier des solutions alternatives à la protection chimique des cultures.

    Sival 2026
    © Sival-Régine Lemarchand

    Pour cette 2e édition du « Tour de France des alternatives », le mardi 13 janvier sur le stand du CTIFL, au Sival à Angers, les participants du projet PAUPFL (Plan d’alternatives d’urgence pour les fruits et légumes) ont communiqué les résultats des expérimentations récentes. Financé par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et Interfel, ce programme fédère l’ensemble des partenaires du projet* autour d’un objectif commun : identifier des solutions alternatives face à la disparition de certaines solutions chimiques pour la protection phytosanitaire des cultures.

    16 substances actives identifiées comme prioritaires ont ainsi fait l’objet de 24 cas d’études sur 9 fruits et 15 légumes. « Parmi les 24 cas d’étude, nous avons choisi de présenter les résultats les plus intéressants et prêts à être transférés chez les producteurs », a souligné Pascale Savarit, responsable d’unité Sappi (Santé des plantes et production intégrée) et coresponsable de la commission usages orphelins. Différentes solutions confirmées comme efficaces pourront être adoptées rapidement les producteurs, « à combiner avec d’autres alternatives ».

    Parmi elles, la lutte contre les nématodes en carotte ou sur fraisier, ou bien les filets contre la mouche du chou ou contre l’altise sur navet, en remplacement de l’usage de la lambda-cyhalothrine. Concernant ce dernier exemple, des expérimentations ont été menées pendant trois ans sur le brocoli en Bretagne et le chou-fleur en Hauts-de-France, incluant l’évaluation des temps de travaux des différentes modalités.

    La pose de filets spécifiques antimouches, au maillage plus dense, s’est avéré la meilleure possibilité par rapport traitement au spinosad des plants en pépinière ou au décalage des dates de plantation, et présente l’avantage de limiter aussi les dégâts d’autres ravageurs comme l’altise ou la chenille. Reste en 2026 à chiffrer les coûts pour ces différentes options, afin de consolider le comparatif technico-économique.

    Une convergence entre les différents acteurs de la recherche expérimentale

    Côté arboriculture, le Tour de France des alternatives a été l’occasion de présenter les résultats du Cefel et de Sudexpé sur l’intérêt de la prophylaxie et du biocontrôle sur le puceron du pommier. L’ANPN (Association nationale des producteurs de noisettes) a enfin détaillé les résultats de ces essais de bandes de plantes pièges pour lutter contre la punaise diabolique sur les noisetiers.

    Cette session de restitution commune illustre la convergence qui s’opère entre les différents acteurs de la recherche expérimentale. « Les attentes sont très fortes en 2026 », a insisté Jean-Hugues Belland, président du CTIFL. « La filière fait face à différents enjeux : améliorer la compétitivité des entreprises de la filière dans un souci de durabilité, pousser l’innovation et soutenir la consommation des fruits et légumes. Nous ne pourrons pas y répondre faire seuls. C’est pourquoi nous devons travailler ensemble et nous coordonner », a déclaré Delphine Tailliez, directrice du CTIFL.

    Cette collaboration est désormais orchestrée par Thomas Deslandes, ingénieur CTIFL, officiellement missionné pour coordonner les essais des différentes stations partenaires et faciliter les interactions entre les projets.

    * ANPN, Aprel, CDDM, Cate, Cefel, Invenio, PLRN, Sileban, Sudexpé, Sefra, Senura, Terre d’Essais et CTIFL.

    Sival 2026
    © Sival-Régine Lemarchand