Sival 2026 : tenir bon, s’adapter et construire l’avenir des filières végétales

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    Le Sival s’est tenu pour la 39ᵉ fois à Angers, du 13 au 15 janvier, autour des grands enjeux économiques, climatiques et générationnels des filières végétales.

    Sival 2026
    © Régine Lemarchand

    Difficile de se frayer un chemin dans les allées biscornues du Sival lorsque le salon bat son plein ! Les visiteurs étaient une nouvelle fois au rendez-vous angevin : 24 000 au compteur, venus se retrouver et contribuer au rayonnement des filières végétales, y compris à l’international. Cette édition a de nouveau permis d’échanger sur les grands défis actuels et à venir des filières agricoles, en proposant des réponses concrètes, dans un contexte mondial marqué par de fortes tensions économiques et commerciales.

    « Nous ressentons une ambiance anxiogène dans les filières, mais malgré tout une effervescence, de l’enthousiasme et du dynamisme. Le Sival est un moment d’échanges essentiels pour les producteurs », rappelle Albert Richard, nouveau président du salon. Arboriculteur depuis trente-quatre ans, président des Vergers d’Anjou, élu à la chambre d’agriculture 49, il a succédé à Bruno Dupont cette année.

    Performance, climat et transmission

    L’ADN du SIVAL repose cette année encore sur trois piliers structurants, au cœur des préoccupations des filières. D’abord, la performance économique, avec une question centrale : comment créer de la valeur ajoutée sur les exploitations agricoles dans un contexte incertain ? La diversification apparaît comme l’une des réponses, qu’il s’agisse de l’introduction de nouvelles espèces – largement débattue lors de l’Impact Day organisé par le CTIFL – ou par exemple du développement du photovoltaïque comme source complémentaire de revenus.

    Autre pilier majeur, les enjeux climatiques : besoins en eau inédits et croissants, hausse des températures, étés plus secs, hivers plus doux et apparition de nouveaux ravageurs particulièrement agressifs. Autant de défis qui expliquent la forte présence de fournisseurs d’outils d’aide à la décision. Enfin, le renouvellement des générations demeure un enjeu clé comme le rappelle le président du salon : « le SIVAL est un lieu de rencontre important pour les étudiants ; il faut motiver une nouvelle génération en valorisant nos filières ; il est urgent d’attirer de nouveaux exploitants et cadres pour assurer l’avenir du secteur ».

    Quelques nouveautés

    Cette édition s’est distinguée par un partenariat inédit avec le CTIFL, fortement mobilisé autour d’un stand de 150 m² et d’un riche programme de conférences, d’ateliers et de tables rondes. L’objectif affiché et affirmé par Jean-Hugues Belland, président du CTIFL : « apporter des solutions concrètes aux filières en s’appuyant sur l’expérimentation et en se réappropriant les besoins exprimés par les professionnels ».

    Le salon a aussi été l’occasion d’inaugurer sur place le podcast « Les racines du futur », porté conjointement par le CTIFL, Végépolys Valley et l’IFV. Les épisodes seront prochainement disponibles sur l’ensemble des grandes plateformes d’écoute. Enfin, Agreen Défi a mis en lumière le potentiel de l’IA appliquée à l’agriculture, en démontrant comment ces technologies peuvent répondre de manière opérationnelle aux enjeux rencontrés par les acteurs des filières végétales.

    Des solutions concrètes pour les filières végétales

    Alors que la France ne couvre aujourd’hui que la moitié de ses besoins en fruits et légumes, l’autonomie alimentaire et la productivité des exploitations ont été plus que jamais au cœur du programme de cette édition. Le Sival confirme ainsi son rôle reconnu et indispensable dans l’émergence et la diffusion de solutions au service des filières fruits et légumes.

    Plusieurs temps forts ont été consacrés aux alternatives, actuelles ou à venir, face aux défis climatiques, environnementaux et économiques. L’événement Fruit 2050, dédié à la protection des vergers et à l’usage des produits phytosanitaires, a notamment mis en lumière le besoin urgent, exprimé par la filière arboricole, de solutions viables et durables face aux restrictions croissantes, alors même que la recherche s’inscrit encore sur des horizons de moyen à long terme, marquant un véritable moment de bascule pour la filière.

    Un « Tour de France des alternatives » ainsi qu’un espace dédié au biocontrôle et à la santé des plantes, ponctué de nombreuses conférences, ont également rythmé le salon. Enfin, le concours Sival Innovation a récompensé plusieurs avancées majeures, notamment en innovation variétale, avec six nouvelles variétés distinguées, dont la poire Kiara de l’Inrae et la fraise Demoiselle de Planasa. Le salon angevin nous donne rendez-vous l’an prochain, du 12 au 14 janvier 2027, pour fêter sa 40ᵉ édition.

    Sival 2026
    © Régine Lemarchand
    Sival 2026
    © Régine Lemarchand