Retour à une inflation modérée des produits alimentaires en 2024

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    Le 14e rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires dresse, pour les années 2023 et 2024, le bilan de l’évolution des prix et des marges pour les différents maillons de la chaîne alimentaire, après la forte période d’inflation survenue entre l’automne 2021 et le printemps 2023.

    © Pumba

    Initiés en 2010, les travaux de l’OFPM (Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires) permettent de tirer des enseignements sur le temps long. Ils mettent en lumière deux périodes très différentes en matière d’inflation. De 2010 à 2021, l’inflation est restée faible, avec un taux moyen annuel de 1,1 % pour l’indice général des prix à la consommation et de 1,3 % pour l’alimentation.

    Les deux années suivantes ont été marquées par une inflation jamais atteinte depuis 1985, de 7 % en 2022 et de 12 % en 2023 pour l’alimentation. Cette période d’inflation élevée s’est achevée en 2024, avec une augmentation des prix alimentaires de 1,3 % en moyenne, inférieure à l’inflation générale de 2 %.

    Reconstitution progressive des marges brutes de l’aval après l’absorption des chocs agricoles

    Au cours de la période de faible inflation 2010-2021, lorsque les prix agricoles ont augmenté, la compression des marges brutes en aval avait permis d’amortir le choc pour les consommateurs. Les maillons de la transformation et de la distribution ont ensuite progressivement reconstitué leurs marges. L’OFPM constate à nouveau ce phénomène au cours de la période 2022-2024 : la hausse des prix des produits alimentaires est autant due à l’augmentation du coût de la matière première qu’à celle des marges brutes de l’aval, avec toutefois, des évolutions décalées dans le temps.

    En 2022, l’augmentation du prix des matières premières a contribué, pour l’essentiel, à la hausse du prix des produits alimentaires, tandis que l’aval a maintenu, voire diminué ses marges brutes.

    En 2023, les prix agricoles ont augmenté plus modérément et même diminué pour les céréales, mais la hausse des prix des produits alimentaires s’est poursuivie, les maillons aval reconstituant progressivement leurs marges brutes.

    En 2024, le reflux des prix de la plupart des produits agricoles se traduit par une diminution de la part de la matière première dans les prix des produits alimentaires suivis par l’observatoire.

    L’inflation a aussi pesé sur le niveau des marges nettes

    L’inflation a également affecté un grand nombre de dépenses couvertes par les marges brutes des différents maillons de la chaîne alimentaire : engrais, énergie, salaires… Les marges nettes obtenues après déduction des coûts de production, de transformation ou de distribution, ont connu des évolutions contrastées.

    Si, en 2022, la hausse des prix agricoles a globalement permis l’augmentation du résultat courant avant impôt des agriculteurs, l’évolution inverse est généralement constatée en 2023 pour les résultats des exploitations agricoles, suite à des hausses de charges (approvisionnement, énergie…) ou au reflux des prix des matières premières, notamment pour les céréales.

    Pour les maillons aval (transformation et distribution), les marges nettes ont, à de rares exceptions près, diminué en 2022 du fait du maintien ou à la compression des marges brutes. En 2023, au stade de la transformation, les marges nettes évoluent de manière différenciée selon les filières.

    Au stade de la distribution, la diminution globale de la marge nette masque des différences entre rayons, avec une baisse sur trois rayons et une hausse sur les quatre autres rayons.

    Ces différences d’évolutions pourraient, en partie, s’expliquer par une péréquation de marges entre produits. Dans la plupart des filières, les marges nettes de l’aval restent inférieures à ce qu’elles étaient avant la période d’inflation, malgré la reconstitution progressive de leurs marges brutes