La conjoncture climatique reste l’élément fondamental des ventes de fruits à noyau en Europe, mais les offres de contre-saison pourraient être perturbées par l’introduction des tarifs douaniers sur les origines américaines et africaines.
Les fruits à noyau européens sont présents sur nos marchés du printemps à l’automne, avec une offre très visible d’espèces en raison de la diversité variétale en renouvellement actif, sous la forte impulsion des desiderata des consommateurs et des obtenteurs, les exigences propres aux importateurs et utilisateurs industriels, les contraintes concurrentielles entre pays producteurs et, bien sûr, des rentabilités financières et charges saisonnières des producteurs. Leurs sensibilités sont rivées aux aléas climatiques tant en production (avec notamment des incidents printaniers récurrents) qu’en consommation, avec une conservation des produits relative.
Les espèces de fruits à noyau analysées conventionnellement concernent les abricots, les pêches-nectarines, les cerises et les prunes (reprises ici). On écarte de facto les mangues, avocats, litchis, dattes, olives… pourtant économiquement prégnants.
• En abricots, le leader de la production mondiale (de l’ordre de 3,8 Mt selon le recensement 2023 de la FAO) est la Turquie, avec près de 850 kt destinées principalement à la déshydratation et à la surgélation, mais toujours davantage sur les marchés du frais : 69 kt en 2024 pour les marchés russe, irakien, allemand…. L’offre globale a été très sérieusement amputée en 2025 en raison des gelées printanières sévères, notamment à Malatya, province qui assure généralement 85 % de la production du pays, et où les 750 kt habituels sont ramenées à seulement 15 kt cette année. L’Ouzbékistan est le 2e producteur d’abricots au monde, avec un potentiel frisant les 500 kt/an, dont 65 kt exportées en frais en 2024, principalement vers la Russie et les anciens pays de l’URSS. Ce pays a été très sollicité en abricots cette année en raison du désastre turc, par les opérateurs internationaux, en particulier européens. L’Iran se tient toujours sur le podium avec une production de près de 350 kt, dont 10 kt exportées en frais vers les pays du Golfe et la Russie. L’Algérie est le leader africain avec un emblavement de 38 239 ha, recensés en 2024, et une production 2025 pronostiquée à près de 300 kt (vs 189 kt en 2021).
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