Quand le shipping mondial est impacté par le coronavirus

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    Après deux mois de grèves ayant dramatiquement saccagé l’économie portuaire et les flux internationaux, l’épidémie de coronavirus prend le relais en mettant la Chine quasiment à l’arrêt. Mais pas seulement la Chine hélas, avec des conséquences en Europe et de très sérieuses incidences sur les frets maritimes.

    Les navires n’escalant plus en Chine actuellement restent à l’ancre ou sortent carrément de rotation, avec des annulations d’escales en Europe. Des conteneurs reefers stagnent dans les ports chinois, branchés depuis des semaines, et à ce jour un manque de prises électriques se fait sentir, notamment à Shanghai, Xinyang et Ningbo. Des congestions apparaissent jour après jour. Et les navires n’escalant pas en Europe, c’est de la disponibilité en équipement reefer qui ne revient pas en Europe, et qui va manquer durant le mois de mars et peut-être au-delà, dans un contexte où les compagnies maritimes approvisionnent toujours massivement l’Amérique du Sud en reefer vides pour les campagnes de fruits.

    © végétable

    Moins de navires, moins d’équipement, une demande export reefer qui reste soutenue malgré tout… constituent le cocktail parfait pour voir apparaître des augmentations des coûts de fret conséquentes. Depuis le 1er mars, les frets  « Asian base ports » se positionnent à 5 000 USD/40’ reefer, voire plus selon les compagnies maritimes, avec sur certaines destinations des frais de congestion en sus (CMA : + 1 250 USD de congestion sur 3 ports chinois), ou de Peak Season Surcharge (600 USD chez ONE depuis Europe to Asia), ou autre dénomination. On ne parle pas ici que des ports français, mais de l’Europe entière. Cette situation, totalement inédite, voit les prix de fret littéralement exploser pour atteindre des niveaux jamais vus au cours des vingt dernières années. Les compagnies maritimes sont « déboussolées » et ne parviennent plus vraiment à comptabiliser l’équipement disponible avec certitude, ni les prévisions d’approvisionnements préenregistrés. Par ailleurs, on sait que les ports du Nord (Anvers, Rotterdam, Hambourg, etc.), pourtant servis en premiers, ne peuvent donner de garantie d’équipement et de place à bord, même à 5 000 ou 6 000 USD de fret.