Les performances environnementales de la pomme

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    Les résultats du projet Green-Go Peren, financé par l’Ademe, ont été présentés lors d’une conférence au Sival, le 19 janvier dernier.

    Selon la méthode de l’analyse du cycle de la vie, une étude d’impact, Green-Go Peren (Performance environnementale de la pomme), a été menée à l’échelle de la supply chain. De la plantation des pommiers, en passant par le stockage en station jusqu’à la transformation en compote, de nombreuses informations ont été collectées et ramenées à 1 kg de pommes ou de compote en portion individuelle.

    « Alors que l’impact carbone de l’agroalimentaire devient une véritable préoccupation sociétale, la crise énergétique nous presse d’autant plus à envisager des alternatives aux énergies fossiles », a rappelé Daniel Sauvaitre, président de l’ANPP. « Les bonnes pratiques agricoles favorisent la captation de carbone, mais le véritable potentiel du verger écoresponsable restait à démontrer. » Le projet Green-Go a permis d’identifier les pratiques permettant de maximiser le stockage du carbone et de proposer des leviers pour atténuer l’impact « dans une logique technico-économique viable pour les exploitations ». Avec un potentiel moyen d’émission de 84 TeqCO2/ha contre 96,3 TeqCO2/ha stockés sur vingt ans de vie d’un verger, le bilan est globalement positif. « Mais au moment de l’arrachage du verger, si le bois est brûlé au champ on perd tout le bénéfice du stockage, puisqu’on dégage 13,3 TeqCO2/ha ! » pointe Ariane Grisey, responsable de l’unité environnement-énergie du CTIFL.

    Côté leviers, l’utilisation de plateformes électriques, ou équipées de « stop and start », ou la fertirrigation, permettraient une baisse significative de l’impact carbone au verger. « Attention, ces pratiques peuvent avoir des impacts négatifs sur d’autres critères de l’ACV, comme la consommation de ressources rares pour les batteries électriques, par exemple. » Cette conférence a donc mis en lumière la complexité du sujet. Néanmoins, « ces résultats nous donnent des éléments pour avancer avec les clients, surtout sur la partie logistique », s’est réjouie Séverine Maldes, responsable qualité de Blue Whale.« Ces données seront prochainement transposées à la filière fruits à noyau », a assuré Muriel Millan, responsable technique de l’AOP Pêches et Abricots de France. Ce travail devrait également être exploité dans le cadre d’un autre projet Green-Go pour le cidre. Depuis 2021, l’Ademe accompagne et finance plus d’une trentaine de projets d’écoconception dans les filières agroalimentaires, dont un piloté par l’AOP nationale tomate-concombre.

    Nous reviendrons plus longuement sur la question du stockage carbone dans un prochain article de notre numéro d’avril.

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