L’équilibre offre-demande bio en question

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    Environ 2 500 exposants étaient réunis au parc de Villepinte du 24 au 26 octobre pour l’édition 2021 du salon Natexpo, salon B-to-B dédié à tout l’univers bio.

    Les visiteurs se sont montrés plus nombreux le deuxième jour du salon. © végétable

    Au salon Natexpo, 15 500 visiteurs ont arpenté le hall 6 en quête de mains à serrer. À la recherche aussi d’une meilleure visibilité sur un marché fruits et légumes incertain, victime d’une régulation insuffisante au niveau de la filière. Ce rendez-vous annuel de la bio rassemble alternativement au nord de Paris ou à Lyon les grossistes, les enseignes spécialisées bio et leurs fournisseurs, français ou européens, tous secteurs d’activité confondus. Parmi les producteurs français, la plupart des organisations de producteurs 100 % bio et de nombreux arboriculteurs sont venus présenter une nouvelle variété bio, comme Gerfruit annonçant l’arrivée de Swing Bio (100 ha principalement en Val-de-Loire), ou ont profité de l’occasion pour lancer de nouveaux produits transformés. Ainsi, au-delà de l’offre historique en fruits frais, les Coteaux Nantais ont fait découvrir, cette année, des cuirs de fruits et trois nouvelles références de compotes individuelles, ouvrant leur activité aux rayons snacking et ultrafrais.

    Malgré un contexte globalement favorable à la consommation bio, en cette période de « retour à la normale » post-Covid, visiteurs et exposants ont partagé les mêmes interrogations sur la capacité de la filière fruits et légumes à trouver un juste équilibre entre l’offre et la demande et à maintenir des niveaux de prix garantissant une juste rémunération des producteurs. Éric Seite, gérant de la ferme Ty Coz, a en effet regretté « une dégradation des prix et un marché devenu imprévisible ». Ce constat se confirme du côté des grossistes. Camille Olive, responsable du pôle fruits et légumes chez Pronadis, a ajouté que « ce salon est un bon moyen de croiser les informations pour avoir une vision plus fine du marché ». La tension était notamment palpable en carottes, avec une offre bio en forte croissance, suite à une vague de conversions ces dernières années, et « un défaut d’outil de régulation de marché de la part des politiques publiques pour accompagner les objectifs de la loi Égalim », selon Matthieu Lancry, président de Forebio. Dans le même temps, le marché de la pomme devrait être déficitaire en frais cette année, suite à l’épisode de gel du printemps, poussant certains à lancer une activité de transformation en jus, comme Touraine Jus de Pommes, filiale de Pom’Évasion, qui a investi dans son propre outil de transformation à Azay-le-Rideau pour valoriser les écarts de tri de ses adhérents sous la marque Henriette Jolly bio.

    Au-delà de la bio, les pratiques dites durables (zéro déchet, approvisionnement local, commerce équitable) sont de plus en plus mises en avant, en réponse aux demandes des consommateurs, plus nombreux mais aussi plus exigeants, notamment la jeune génération davantage préoccupée par le respect de l’environnement que par les questions de nutrition et de santé de ses aînés. La prochaine édition est programmée à Lyon en septembre 2022. Elle sera l’occasion de tirer un premier bilan de l’application de la loi Égalim, qui devrait consolider les débouchés des produits bio en restauration collective.

    L’offre bio était tournée vers la production locale. © végétable