Légumes de France : le congrès de la transmission

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    Le 66e congrès du syndicat des producteurs réunis dans Légumes de France, les 16 et 17 novembre à Saint-Pol-de-Léon, à Kerisnel, dans le Finistère, s’est vécu comme un temps fort de la défense des intérêts des producteurs et à la recherche de solutions pour améliorer la rentabilité et la compétitivité des entreprises. Un moment de transition particulier, aussi.

    Pyramide de légumes au congrès de Légumes de France
    © végétable

    C’est un congrès chargé d’émotions qui s’est déroulé en terres bretonnes, co-organisé avec le concours de Prince de Bretagne et Savéol. Plus de 400 professionnels se sont mobilisés et un parterre d’élus a répondu présent, à l’heure où le président Jacques Rouchaussé a annoncé passer le flambeau à deux autres personnalités (qui seront prochainement élues), après trente ans d’engagement dans le syndicalisme et préalablement dix-huit dans l’Armée de l’air.

    Un congrès chargé de symboles également : la mémoire d’Alexis Gourvennec a été conviée tout au long des discussions, rappelant comment cette figure bretonne hors norme a su tirer une région de la pauvreté vers la puissance par l’organisation de la production, la création de structures au service des intérêts du monde agricole, et l’intégration de certains outils.

    La soirée de gala et la nuit insolite à bord du Pont Aven, le navire amiral de la Brittany Ferries, amarré au port de Roscoff, ont été l’occasion de rappeler le schéma unique mis en place dès 1972 par les producteurs bretons, toujours actionnaires majoritaires de leur propre flotte de navires pour exporter leurs productions.

    Symbole également de l’union bretonne, qui fait la force, puisqu’en un demi-siècle, la région est devenue la troisième région française dans le secteur légumier et la première en matière de production organisée : 3 700 exploitations sur une superficie de 42 100 ha dont 540 ha de cultures sous serre, avec quelques fleurons (25 % de la production nationale de tomate, 63 % en artichauts, 15,5 % en fraises, 85 % en échalotes et 78 % en choux-fleurs).

    Écoute mutuelle et connivence

    Les congressistes ont remercié de façon appuyée leur président de tutelle, Arnaud Rousseau (FNSEA), ainsi que le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau, qui s’est déplacé les deux jours en Bretagne. L’écoute mutuelle et la connivence sur les principaux sujets mis sur le devant de la table ont été à nouveau perceptibles. Les producteurs saluent ainsi dans l’immédiat le fonds de 80 M€ débloqué par le Gouvernement, en soutien à la trésorerie des sinistrés de la tempête en Bretagne puis des inondations dans les Hauts-de-France (en plus des dispositifs assurantiels sur les pertes de récolte et du dispositif des calamités agricoles qui s’appliquera sur les dégâts de matériel).

    Sur le long terme, ils saluent à nouveau le plan de souveraineté alimentaire*, avec quelques griefs cependant : que « l’innovation » soit adaptée au secteur agricole, les serres intégrées dans les AMI**, les filières ultramarines traitées spécifiquement, ainsi que renforcer l’attractivité du métier comme préalable, et surtout, lutter contre « la suradministration qui décourage les paysans ».

    Pour autant, les demandes de soutien à l’investissement à travers ce plan ne peuvent se faire que via les AMI/AAP**, les fonds européens étant mobilisés à travers le dispositif France 2030 désormais éligible au secteur agricole.

    La volonté de recherches de solutions avant tout

    Sur le plan de la protection des cultures, un des sujets défendus par Légumes de France, si le « pas d’interdiction [du retrait de matières actives] sans solution » a été martelé par l’assemblée – et dans le contexte d’annonce de la poursuite d’autorisation du glyphosate pour dix ans par la Commission européenne – Marc Fesneau a poussé la volonté de recherches de solutions avant tout, via le plan de souveraineté.

    Au-delà des demandes adressées au monde politique, ce congrès a souhaité apporter des réponses à des préoccupations cruciales et bien actuelles : « la transmission et l’installation : comment les encourager ? » ainsi que le sujet de « l’eau, un bien commun à préserver ».

    En plus de ces échanges, deux visites techniques ont été proposées : la station expérimentale du Caté, et la ferme aux insectes de Savéol Nature. Enfin, vitrine de cet événement professionnel, une animation sur le parking de Kerisnel a été organisée à destination de 250 enfants des écoles environnantes, sous le chapiteau du « village des légumes ».

    Objectifs : mettre en valeur les légumes bretons, promouvoir le métier de maraîcher et susciter des vocations futures, éduquer les jeunes quant à une alimentation saine et variée.

    * Relire le détail de ce plan, ses objectifs et ses axes prioritaires de soutien à la reconquête de la souveraineté alimentaire par la production, prévu sur dix ans, dans notre actualité en date du 3 mars 2023.

    ** Appels à manifestation d’intérêt et appels à projets.

    Sous le sous le chapiteau du « village des légumes », au congrès de Légumes de France.
    Sous le chapiteau du « village des légumes ». © végétable
    Le ministre de l'Agriculture au congrès de Légumes de France.
    Marc Fesneau au Congrès de Légumes de France. © végétable