La récolte française 2025 de pommes devrait être satisfaisante

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    À l’occasion de sa désormais traditionnelle réunion de lancement de campagne, l’ANPP a présenté son bilan de l’année écoulée puis une prévision de récolte pommes 2025 relativement proche à celle de 2024, avec une offre française quantitative sans être pléthorique, dans un contexte européen favorable.

    Daniel Sauvaitre, président de l’ANPP. © végétable

    Le 28 août à Paris, 170 professionnels de la filière se sont réunis une nouvelle fois pour le lancement de campagne pommes et poires, confirmant l’intérêt de ce temps de bilan et d’échanges entre les différents acteurs. L’équipe de l’ANPP a dressé un bilan économique de la campagne 2024/2025, puis a dévoilé les prévisions de récolte 2025 pour la France, mises en perspectives avec la situation européenne, avant de fournir des éléments de compréhension de la production et du marché.

    Récolte 2024

    La récolte française 2024 s’est confirmée légèrement en retrait (1 412 kt de pommes), toutefois proche de la moyenne décennale (1 480 kt). Les importations se sont élevées à 114 kt (d’août à mai), en léger recul par rapport à la saison précédente, avec toujours plus de la moitié des pommes importées en France destinées à l’industrie. Les exportations, quant à elles, ont poursuivi leur tendance haussière et ont atteint 310 kt (d’août à mai), principalement à destination de l’Europe, tandis que les volumes vers le Moyen-Orient et l’Amérique étaient plutôt en retrait. Sur le marché du frais, les ventes ont connu une baisse relative, avec un prix de vente consommateur observé par Kantar de 2,23 €/kg en moyenne. Du côté de la production, le prix nu départ* s’établissait à 0,93 €/kg en moyenne, avec quelques différences variétales.

    © ANPP

    « Le niveau de prix a été équivalent à la campagne précédente jusqu’en avril, puis a évolué à la baisse, alors qu’habituellement, les cours remontent plutôt en fin de saison », a observé Vincent Guérin, responsable des affaires économiques de l’ANPP.

    « Pour maintenir l’offre française, il est essentiel de sécuriser la multitude d’exploitations qui constituent la base de la pyramide qu’est la filière », a rappelé Pierre Venteau, directeur de l’ANPP. « Cela passe par un retour producteur plus en phase avec les coûts de revient. » D’après les calculs de l’ANPP sur 2024/2025, pour une référence moyenne de 45 t/ha, le besoin en chiffre d’affaires était de 26 450 €/ha pour compenser les coûts en verger. « Il manque toujours 80 à 100 €/tonne en frais et en industrie entre le besoin de CA moyen et les prix nus stations constatés. »

    Au 1er juillet 2025, le contexte était dégagé avec 340 kt de pommes stockées en Europe (auxquels il convient d’ajouter quelques milliers de tonnes récemment importées d’hémisphère sud), laissant la place à la nouvelle récolte.

    Prévisions de campagne 2025/2026

    Pour 2025, l’ANPP prévoit de bons volumes, avec une récolte de 1 485 kt (+4 % par rapport à 2024), dans la moyenne, avec une certaine hétérogénéité entre régions qui se compense au niveau national, avec des volumes globalement stables, aussi bien sur les variétés dites « internationales » (-1 %, à 916 kt), les variétés club (+2 %, à 304 kt) et les variété terroir (+3 %, à 120 kt), sans gros décrochage. « On attend une offre quantitative, qui reste à confirmer, compte tenu des dégâts possibles liées aux fortes attaques de pucerons et qui devra être affinée à la fin de la récolte de Pink Lady » a tempéré Vincent Guérin.

    © ANPP

    Au niveau qualitatif, les différentes variétés affichent des taux de sucres satisfaisants. « La récolte devrait être plus qualitative que l’an passé. La bonne météo de juillet a permis plus de sucre et une belle coloration, notamment sur les Gala de début de saison », a commenté Christophe Belloc, président du groupe Blue Whale. Selon les prévisions annoncées à Prognosfruit début août, l’Europe s’attend en revanche à une petite récolte pour la deuxième année consécutive, notamment en Pologne et dans les pays de l’Est touchés par le gel. Le contexte commercial semble donc favorable, avec un marché européen dégagé, moins de concurrence de l’offre à bas prix, et sans doute des opportunités à l’export.

    « Comme les années précédentes, nous couvrirons largement les besoins nationaux en pommes », a observé Daniel Sauvaitre, président de l’ANPP. « Cependant, nous n’atteignons toujours pas le plein potentiel de production du verger de pommes français qui est de 1,7 million de tonnes. La raison est simple : nos conditions de production restent et vont rester parmi les plus compliquées d’Europe. »

    * Prix déclarés à l’ANPP sur un échantillon de 148 000 tonnes vendues en frais.

    Pour télécharger le détail des prévisions pommes-poires : cliquez ici