Regard d’expert commerce international : frais vs transformé

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Les choix opérés en fonction des impératifs économiques ou sanitaires engendrent des situations conséquemment assumées. La primauté de la santé est évidente, dans l’absolu, mais peut être reléguée après les besoins sociétaux et les tergiversations d’éthique.

Opposer l’économie des filières des fruits et légumes frais à celle des transformés n’est pas une gageure mais un complément impliquant de nombreux paramètres, repris et développés selon les circonstances par les organisations interprofessionnelles, les opérateurs, les consommateurs et les nutritionnistes de tous horizons. Chacun a raison à sa façon, avec des arguments percutants et porteurs, avec parfois aussi des jugements partiaux, incomplets ou tendancieux. Les organisations européennes (Freshfel pour le frais, Profel pour les transformés) ou nationales défendent les fondamentaux de leur secteur propre et pratiquent assidûment le lobbying auprès des décideurs professionnels. Force est pourtant de constater que les deux branches économiques sont interdépendantes, souvent transfrontalières, et mutuellement impliquées dans l’écoulement de leurs productions sur des marchés constitués de consommateurs sujets à des contraintes prégnantes et évolutives. Celles-ci étant liées à l’épaisseur des porte-monnaie et à la qualité des produits, aux modes de vie, aux impératifs sanitaires, aux conditions sociétales et aux facteurs environnementaux. Les dilemmes conditionnent les aspects fondamentaux de la souveraineté alimentaire de l’ensemble des États et la durabilité de leurs filières. L’économie vise ici l’avenir des secteurs primaire et secondaire, et définit les choix politiques, donc la nature, la place et les priorités données à l’agriculture et à l’industrie dans nos pays.

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