La RSE au cœur de la compétitivité des marchés de gros

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    Stéphane Layani est président du Marché international de Rungis. Il s’est exprimé à l’occasion de nos Cahiers de la distribution Marchés de gros de décembre. Une interview exclusive autour du nouveau label Marché Durable.

    Stéphane Layani. © DR

    Comment est né le label Marché Durable ?

    Le label Marché Durable est né d’une conviction : la responsabilité sociétale doit être au cœur du modèle des marchés de gros. Nous avons voulu donner un cadre concret et crédible à des engagements déjà très présents chez nos opérateurs, mais souvent dispersés.

    Cette initiative est le fruit d’une co-construction entre le Marché international de Rungis et Afnor Certification. Ensemble, nous avons conçu un outil à la fois exigeant et adapté aux réalités de nos filières alimentaires et horticoles.

    Notre ambition est claire : accélérer la transition vers des pratiques durables et fédérer tout un écosystème autour d’une même référence RSE.

    Les démarches RSE sont nombreuses. En quoi les opérateurs ont intérêt à choisir le label Marché Durable plutôt qu’une autre démarche ?

    Le label Marché Durable a été pensé pour et avec les acteurs des marchés de gros. C’est ce qui fait toute sa différence.

    Il s’appuie sur la norme ISO 26000, mais il traduit concrètement ses principes dans le quotidien des entreprises du secteur alimentaire et horticole. C’est un outil à la fois structurant et accessible, conçu pour accompagner les opérateurs dans une logique d’amélioration continue.

    En choisissant ce label, les entreprises bénéficient d’une reconnaissance sectorielle forte, d’une évaluation indépendante assurée par Afnor Certification, et d’un cadre partagé qui valorise leurs engagements. C’est un gage de crédibilité et un véritable levier de compétitivité.

    Ces démarches ont un coût. Quels bénéfices tangibles et mesurables économiquement peuvent espérer retirer les opérateurs qui les mettent en œuvre ?

    Au-delà de ce Label, toute démarche RSE représente un investissement, mais les retombées sont réelles et durables.

    Le label Marché Durable aide d’abord les entreprises à structurer leurs pratiques : elles identifient des leviers d’efficacité environnementale et économique, réduisent leurs consommations, optimisent leurs achats et renforcent la qualité de leurs relations avec les producteurs.

    C’est aussi un outil de valorisation commerciale : il renforce la confiance des partenaires, facilite l’accès aux marchés publics et privés où les critères RSE prennent une place croissante.

    C’est enfin et surtout un facteur d’attractivité. Les salariés, notamment les jeunes générations, sont fiers de travailler dans des entreprises engagées. Cela contribue à la fidélisation et à la performance globale.

    La notoriété et l’image du label Marché durable sont naissantes. Qu’est-il prévu pour faire connaître et reconnaître le label Marché Durable dans l’écosystème ?

    Nous lançons une dynamique collective. Le label Marché Durable s’appuie déjà sur une première promotion d’entreprises pionnières, issues du Marché de Rungis et du Marché de Lyon-Corbas, qui seront nos meilleurs ambassadeurs.

    Nous avons prévu un plan de déploiement national en partenariat avec la Fédération des marchés de gros de France. Il inclut des actions de communication ciblées auprès de l’ensemble des acteurs, mais aussi une forte présence sur les grands événements professionnels.

    Ce label Marché Durable a pour vocation de devenir une référence nationale pour les marchés de gros, en inscrivant durablement la RSE au cœur de leur compétitivité et de leur rayonnement.

    Retrouvez les Cahiers de la distribution Marchés de gros avec le magazine n°438 de décembre.