Clémentine corse cherche valorisation

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    Faisant front au contexte économique pesant, les producteurs d’Agrucorse dénotent avec deux positionnements ambitieux : l’agroécologie et la diversification.

    Les violents épisodes de vent qui ont défrayé la chronique estivale ont épargné les vergers de clémentine d’Agrucorse abrités par les montagnes, selon Marina Girard, responsable biodiversité R&D de l’OP Terres d’agrumes, adossée à Agrucorse. La structure se prépare à commercialiser 6 000 t de clémentines en conventionnel et 1 000 t en bio – sur les 30 000 t commercialisées sous IGP en Corse. Les premiers fruits sont attendus en deuxième quinzaine d’octobre, « avec un joli calibre ».

    À l’approche de la campagne, les producteurs de Terre d’agrumes-Agrucorse s’apprêtent à dévoiler une part significative de leurs clémentines nées de la troisième voie, c’est-à-dire produites en agroécologie. Ce terme signifie ici une production sans aucun insecticide chimique de synthèse tout au long de la vie, des vergers jusqu’à l’assiette des consommateurs*. Démarrée il y a deux ans avec 30 ha, puis 50 ha l’an passé, la démarche compte aujourd’hui 80  ha de vergers conduits en agroécologie, soit environ 1 500 t de volume commercialisable. « Produire sans aucun insecticide toute l’année nécessite un gros travail de suivi. La clé de succès repose sur l’observation, la fréquence de visites et le temps passé à compter les ravageurs », précise Marina Girard. Des itinéraires sur mesure ont ainsi été modelés par l’équipe technique renforcée, avec les producteurs impliqués. La démarche nécessite des moyens de biocontrôle en forte croissance. Parmi les indicateurs de résultats suivis, celui sur la biodiversité est déjà en progression. Et chaque année, 10 % supplémentaires des parcelles sont équipés en outils qui la favorise (nichoirs, haies…). « C’est grâce au partenariat avec nos principaux clients que l’on a engagé tout ce travail », rappelle Marina Girard, soulignant les bienfaits d’une démarche de filière. Autre avancée cette année, l’équipe technique a initié une étude de l’évolution du calibre, dès le mois de juillet. La croissance des fruits a été modélisée pour mieux anticiper la répartition des calibres de la prochaine récolte et construire un OAD agroéconomique.

    Cette vision s’accompagne de nouveaux projets industriels imaginés en réponse aux enjeux sociétaux. Depuis la loi Agec entrée en vigueur le 1er janvier de cette année pour les clémentines, Agrucorse investit à plus long terme sur trois nouvelles lignes de barquettage avec des solutions sans plastique. Dans un souci de valorisation, l’entreprise s’associe également cette année au collectif « Atelier corse fruits et légumes » pour valoriser les fruits écartés. Ce nouvel outil de transformation en Corse est dimensionné pour traiter 4 000 t de jus et différents autres produits issus des agrumes. Première fierté cette année : une nouvelle boisson pétillante, à base de jus de clémentine et de nepita (herbe aromatique corse), a vu le jour sous la marque « La Corsica ». À plus long terme, les producteurs entament la réflexion de vergers dédiés à l’industrie, en citron, orange et clémentine, avec une diversification à la clé sous de nombreuses déclinaisons, allant de la glace aux huiles essentielles.

    * Cf. actualité du 2 novembre 2021 et dans notre magazine de décembre 2021, p.11.

    © M. Girard – Agrucorse