Pêche et abricot : des résultats qui stabilisent la production

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    Après une campagne abricot-pêche marquée par une excellente qualité, malgré la sécheresse, l’heure est aux bilans.

    Même si la campagne de fruits à noyau n’est pas encore terminée, l’AOP Pêches et abricots de France a déjà livré quelques conclusions, le 1er septembre dernier. Globalement, en pêche-nectarine, la production européenne est demeurée proche de la normale, sauf pour l’Espagne, à cause du gel de printemps, avec ses 715 000 t (- 41 % par rapport à la moyenne sur 5 ans) : 1 006 000 t en Italie (- 8 %), 353 000 t en Grèce (+ 14 %) et 193 000 t en France (- 1 %). Pour un total de 2 267 000 t (- 19 %). Si les volumes produits depuis quinze ans ont chuté (- 51 %), les bons résultats économiques stabilisent le niveau de production depuis une dizaine d’années. Pourtant, les cueillettes, sur notre territoire, se sont montrées 15 % inférieures aux prévisions, déficitaires pour la 2e année consécutive. Mais la consommation dynamique, grâce au niveau élevé de la qualité, dans une précocité exceptionnelle jusqu’à mi-saison, a entraîné une offre insuffisante dès le 20 juillet. Les prix d’expédition, inférieurs à 2021, sont restés stables et satisfaisants, prenant en compte l’augmentation des coûts de revient. De même, les prix à la consommation sont restés proches du niveau de l’an passé, masquant de fortes disparités entre promotions et fonds de rayon : la fixation des prix s’est plus réalisée en fonction de la compétition entre enseignes qu’en fonction du coût de revient. Cependant, au final, cette année se montre positive pour la majorité des producteurs français et leur permet de poursuivre leurs projets de modernisation. Selon Raphaël Martinez, directeur de l’AOP Pêches et nectarines, « la météo est à double tranchant : la sécheresse est une menace pour la production mais, dans le même temps, les fruits ont été gorgés de sucre et le beau temps a permis de doper la consommation durant tout l’été. Conséquence : même si le marché s’alourdit en septembre, il ne reste aujourd’hui que 5 000 t dans les stations françaises ».

    Et côté abricot ? Le schéma est voisin. Une production européenne proche de la normale avec une Espagne affaiblie par le gel : 59 000 t (-52 % vs moy. 5 ans), 263 000 t en Italie (+ 11 %), 64 000 t en Grèce (- 20 %) et 128 000 t en France (+ 8 % !). Au total : 515 000 t (- 10%). Jusqu’à mi-juillet, les cueillettes dans notre pays ont pris de l’avance, y compris en Bergeron. Mais la canicule (avec un manque d’éclaircissage) a impacté calibres et volumes, avec 10 à 15 % de récoltes en moins par rapport aux prévisions. Fin juillet, l’avance a été perdue sur les tardives. Cependant, sur le marché français comme à l’export, la demande a été positive, avec une entrée en marché rapide début juin, un passage difficile fin juin et… une demande et une offre insuffisantes dès début août. Les cours à l’expédition sont restés satisfaisants. Et ceux du Bergeron ont résisté. Autour de 4 €/kg, les  prix de vente aux consommateurs ont connu de nombreuses promos, à 2,5-3 €, entre fin juin et mi-juillet. Le marché export a donc bénéficié de la faiblesse espagnole… Le marché français semble aussi redresser la barre. La filière se réunira en novembre pour établir un bilan exhaustif de la campagne et se projeter sur les enjeux à venir.

    © AOP Pêches et abricots de France