Don alimentaire : « La logistique est le nerf de la guerre »

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    5 % des volumes produits et récoltés sont écartés des circuits de distribution pour être valorisés sous forme de don.

    © Solaal

    « Le don agricole est directement connecté avec la lutte contre le gaspillage alimentaire » affirme Angélique Delahaye, présidente de Solaal. « Solaal contribue aussi à l’équilibre alimentaire des plus précaires en apportant une diversité de produits frais », ajoute-t-elle, rappelant que les personnes les plus démunies consomment 4 fois moins de fruits et légumes que la moyenne nationale. Depuis 2013, Solaal intervient en premier lieu pour coordonner les dons auprès de 880 partenaires associatifs bénéficiaires des dons, comme Les Restos du Cœur, l’association Cop 1 et autres épiceries sociales.

    L’objectif est de récupérer le plus en amont de la filière autant que possible. « Notre rôle est de coordonner la logistique, le conditionnement, le transport, grâce à 12 antennes dans 12 régions », explique Dorothée Briaumont, directrice de Solaal. 2025 a été une année record avec 7 177 tonnes de dons distribués (soit +57 % par rapport à 2024), dont 92 % de produits frais, essentiellement des fruits et légumes (83 %). « Cela représente 23 dons par jour sur tout le territoire. Nous sommes les seuls à les récolter toute l’année. »

    La question des caisses

    Solaal assure le don au quotidien mais intervient aussi ponctuellement lors de crises ou d’invendus massifs. Lors de l’afflux de dons de pommes de terre, lié à une très forte production, elle a ainsi coordonné 1 300 tonnes de dons de pommes de terre fraîches vers 270 associations bénéficiaires. « Nous essayons aussi de valoriser une partie de ces surplus en flocons de purée », précise Angélique Delahaye.

    « Mais surtout, la logistique est le nerf de la guerre ». Le mécénat permet de lever certains freins logistiques ou liés aux emballages. Partenaire de Solaal depuis huit ans dans le cadre de sa démarche RSE, Ifco a notamment travaillé sur la question des caisses (250 000 caisses réutilisables par an). « Au début, la caisse Ifco était un frein au don. Nous avons résolu ce casse-tête grâce à l’exonération du coût de consigne auprès des associations partenaires », continue Angélique Delahaye.

    La Fondation Carrefour soutient également Solaal depuis 2013, grâce à un mécénat logistique : elle met des moyens à disposition pour l’acheminement des dons d’une région à l’autre. Un levier à activer demeure. En effet, si le service Solaal est bien gratuit pour l’agriculteur et pour l’association, le donateur doit actuellement payer des cotisations sociales sur la valeur du don. « C’est pourquoi Solaal demande une exonération fiscale pour favoriser le maximum de dons ! »