L’interview du mois : profonde recomposition du verger en Auvergne-Rhône-Alpes

    21

    Régis Aubenas partage une vision actualisée de la filière arboricole en Aura, première région française de production fruitière avec près de 37 000 hectares de vergers. Cet échange prend de la hauteur sur les mutations des modèles d’exploitation et les équilibres collectifs qui façonnent l’avenir de l’arboriculture régionale.

    Régis Aubenas. © DR

    Quel regard portez-vous aujourd’hui sur l’état de la filière arboricole en région Aura ?

    L’arboriculture régionale traverse une profonde mutation. Depuis le début des années 2020, on observe une restructuration progressive du verger, qui était historiquement très diversifié en Aura (Auvergne-Rhône-Alpes), avec beaucoup d’exploitations de tailles variées et des circuits de commercialisation assez multiples. Aujourd’hui, les exploitations les plus robustes sont celles qui ont su sécuriser leurs débouchés commerciaux et clarifier leur stratégie. On est passé d’un système assez diffus, où la diversité faisait la force, à des exploitations plus spécialisées. Mais cette spécialisation s’accompagne aussi d’une diversification très organisée. On peut avoir des exploitations avec plusieurs espèces (pêche, abricot, poire, kiwi, cerise…), mais chaque activité fonctionne comme un véritable domaine spécialisé, avec ses équipes, ses compétences et sa stratégie propre. Ce n’est pas de la diversification « petite surface », ce sont des domaines d’activité très techniques et très structurés. La région conserve toutefois une richesse particulière avec une grande diversité de bassins de production, qui s’organisent autour de logiques plus lisibles économiquement.

    Retrouvez l’interview en intégralité dans le magazine n°444, de juin 2026.