« Les poivrons Flandria », répondent Liesbet et Raf lorsqu’on leur demande ce qu’ils cultivent ici. Pourtant, leurs délicieuses variétés rouges et vertes sont loin d’être ordinaires. Sur 6,5 hectares de serres, l’équipe produit chaque année plus de huit millions de poivrons savoureux.

Le marché des poivrons Flandria affiche une croissance soutenue ces dernières années. En cinq ans, les volumes commercialisés ont progressé de 29,2 %, passant de 25 300 tonnes en 2020 à 32 680 tonnes en 2024. Cette évolution positive s’accompagne également d’une augmentation des surfaces de production. Le secteur représente aujourd’hui environ 120 hectares, soit une hausse d’environ 20 % sur les cinq dernières années.
La France demeure de loin la principale destination à l’exportation des poivrons Flandria, avec un volume d’environ 15 000 tonnes exportées. Le poivron rouge reste largement dominant au sein de l’assortiment Flandria, avec une production d’environ 26 000 tonnes en 2025. Il est suivi par le poivron vert, qui représente près de 12 000 tonnes.
Et sur le terrain ?
« Nous cultivions des tomates avec succès depuis vingt ans, mais la crise énergétique est arrivée », explique Raf lorsqu’on lui demande comment lui et Liesbet se sont lancés dans la culture des poivrons. « Produire des tomates sous éclairage artificiel n’était plus rentable. Nous avons donc commencé à chercher une nouvelle culture, et c’est ainsi que nous avons choisi les poivrons. Mes parents en cultivaient déjà auparavant, le savoir-faire était donc présent. Et puis, ce changement nous plaisait aussi. Les tomates et les poivrons demandent une approche totalement différente, tant au niveau du climat que du travail. Pourquoi faudrait-il cultiver la même chose toute sa vie ? »
Liesbet et Raf disposent de 3 hectares de poivrons rouges et de 3,5 hectares de poivrons verts. Nous leur demandons s’il est vrai que les poivrons verts sont en réalité des poivrons rouges qui n’ont pas encore changé de couleur. « Exactement. Peu de producteurs cultivent des poivrons verts en Belgique. »
De 10 centimètres à 4 mètres
« En décembre, nous plantons les jeunes plants de poivrons, qui mesurent environ 10 centimètres. Nous plantons près de quatre millions de tiges. Après un certain temps, nous les attachons à des fils afin qu’elles puissent pousser vers le haut. Nous commençons les récoltes à partir de la mi-mars et pouvons ensuite cueillir des poivrons mûrs chaque semaine. Cela continue jusqu’à la mi-octobre, moment où nous retirons les plants, nettoyons les serres et préparons la saison suivante. À ce stade, les plants mesurent près de 4 mètres et atteignent le toit de la serre. Chaque année, nous produisons ainsi 1,7 million de kilos de poivrons doux Flandria, soit environ 8,5 millions de poivrons. Pour y parvenir, nous travaillons avec 10 collaborateurs hors saison et deux fois plus pendant la haute saison », explique Raf.
Insectes utiles et cogénération
« De la plantation à la récolte, puis au nettoyage des serres, les légumes sont cultivés avec le plus grand soin », poursuit Raf. « Nous essayons de travailler de manière aussi naturelle que possible. Les poivrons sont particulièrement sensibles aux ravageurs, encore plus que les tomates. C’est pourquoi nous utilisons des insectes utiles. Nous faisons appel à un mélange d’environ huit espèces, comme les coccinelles, les cécidomyies et les punaises prédatrices, afin de lutter contre les pucerons, les acariens et les thrips. »
Les serres sont chauffées grâce à un système de cogénération. « Notre électricité provient d’un moteur au gaz naturel, qui produit également beaucoup de chaleur », explique Raf. « Le moteur est refroidi à l’eau et cette chaleur sert ensuite à chauffer les serres. L’électricité excédentaire est réinjectée dans le réseau. Les fumées produites par le moteur contiennent du CO₂, que nous réutilisons dans la serre comme fertilisant pour les plantes. Elles le transforment ensuite en oxygène. Rien n’est perdu : nous atteignons une efficacité maximale, aussi bien pour l’électricité que pour la chaleur. Nous récupérons également l’eau de pluie. »
Un métier de précision
Pourquoi Liesbet et Raf aiment-ils autant leur métier ? « La diversité rend ce travail passionnant. Nous dépendons constamment de la météo et devons adapter le climat des serres en fonction de l’ensoleillement quotidien. Il faut aussi surveiller en permanence l’apparition éventuelle de ravageurs. Une vague de chaleur peut déséquilibrer les plantes en quelques jours. Il faut des années d’expérience pour savoir exactement comment réagir dans certaines situations. Heureusement, aujourd’hui, nous maîtrisons parfaitement notre métier. »
Plus le poivron Flandria est frais, plus il est croquant et savoureux. Liesbet et Raf recommandent donc de le consommer le plus rapidement possible après l’achat.











