L’interview du mois : Productivité, résilience et export… la stratégie pour rester compétitif

    278

    Baisse des rendements, pression climatique, déficit commercial… le contexte impose un changement d’échelle. Pour Bruno Bertheloz, directeur général de Blue Whale, la compétitivité redevient un enjeu central. Entre investissements variétaux, structuration export et exigence de performance, le groupe revendique une vision à long terme pour maintenir un tissu productif fort.

    Bruno Bertheloz
    Bruno Bertheloz, directeur général de Blue Whale. © végétable

    Vous affirmez que la compétitivité redevient un enjeu stratégique. Pourquoi remettre la productivité au centre du débat ?

    La productivité n’est pas une notion moderne, elle est inhérente à l’histoire de l’homme et de ses civilisations. Après l’ère industrielle, elle est devenue le moteur de la croissance. Puis, après la seconde guerre mondiale et ses privations, il a fallu reconstruire et retrouver l’autosuffisance alimentaire avec une politique agricole offensive que l’on a qualifiée de productiviste. Ce modèle a propulsé la France parmi les grands exportateurs mondiaux. Ce que nous constatons aujourd’hui, avec un solde commercial agricole et agroalimentaire devenu déficitaire en 2025, n’est que le résultat d’une longue lente érosion de notre performance, oserais-je dire de notre compétitivité, amorcée à la fin des années 90.

    Cette érosion est-elle aussi liée à l’évolution du rapport entre producteurs et société ?

    Il s’est opéré un changement profond de rapport entre producteurs et consommateurs. Dans nos sociétés développées, les besoins ont évolué et la part de l’alimentation dans le budget des ménages est passée de 42 % en 1950 à moins de 16 % aujourd’hui. Nous pouvons nous en féliciter, mais sous l’opulence, l’oubli que nous pourrions manquer et l’éloignement de la peur de la guerre ont fait émerger de nouvelles angoisses. Nos sociétés n’ont pas vu, n’ont pas su que défendre la production, la productivité agricole et sa compétitivité, donc l’arme alimentaire dans un monde potentiellement instable, est toujours une priorité de souveraineté.

    Retrouvez l’interview en intégralité dans le magazine n°441, de mars 2026.