Risque de pénurie de cassis

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    La récolte de cassis français a fortement été pénalisée par la canicule et les orages violents du mois de juin : jusqu’à 70 % de pertes ont été enregistrées.

    Les producteurs et les transformateurs de cassis français, regroupés au sein de l’Afidem (Association des fruits à destinations multiples transformés), sont confrontés à de très mauvaises prévisions de récolte pour 2022 en raison des pics de chaleur et violents orages de juin, faisant craindre un risque de pénurie de produits à base de cassis. En effet, si certains bassins de production français de ce fruit, comme la Bourgogne, ont été particulièrement touchés par le gel en avril, d’autres, tels que le Val de Loire, ont été relativement épargnés, ce qui laissait présager une récolte satisfaisante, capable de répondre aux besoins des transformateurs. Mais la canicule d’une intensité exceptionnelle qu’a connu le territoire national du mercredi 15 au samedi 18 juin, et les orages qui ont suivi, ont touché de plein fouet la production de cassis français à quelques jours de la récolte, entraînant entre 30 et 70 % de pertes suivant les parcelles. Toutes les variétés cultivées en France et caractéristiques du territoire national sont touchées, notamment le Noir de Bourgogne et le Blackdown.

    © Afidem

    Ces dégâts se traduisent par des baies de cassis cuites, desséchées et totalement perdues en chutant au sol avant récolte. Les dégâts vont même jusqu’à toucher la plante elle-même dans certaines situations, avec des feuillages brûlés par la chaleur, pouvant faire craindre des répercussions sur les récoltes futures. Marc Ludeau, producteur dans le Val de Loire, s’interroge : « Comme de nombreux confrères, je me demande aujourd’hui s’il est raisonnable de poursuivre cette activité avec un tel risque récurrent… » Cet épisode de canicule s’inscrit dans un contexte où le marché connaît un regain d’activité, notamment à l’export, après une baisse d’activité liée à la crise sanitaire. Subir une telle perte de volumes de production à quelques jours de la récolte va entraîner, chez les producteurs, une forte baisse de rendement et de rentabilité en 2022.