RGA : le végétal devient majoritaire

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    Le dernier recensement agricole ne dégage pas de surprises majeures, par rapport aux tendances de la précédente décennie. Mais il révèle une évolution de la structure des exploitations comme des métiers.

    C’est l’exercice décennal livré par les services du ministère de l’Agriculture : le 10 décembre 2020, les premiers éléments du dernier recensement général agricole ont été livrés, pour la période 2010-2020. Ils permettent de donner une photographie de l’ensemble de la Ferme France à date. La publication des données définitives interviendra au mois d’avril et celle des pays européens d’ici la fin d’année, par Eurostat.

    À première vue, pas de grandes inversions de tendances. En 2020, la France métropolitaine compte 389 000 exploitations agricoles, soit 100 000 de moins que lors du dernier recensement (- 21 %), pour une surface moyenne de 69 ha (soit 14 ha de plus qu’en 2010 et 27ha de plus qu’en 2000), et 5 ha dans les DROM, chiffre global qui ne reflète pas les disparités. La taille des exploitations continue d’augmenter tandis que leur nombre diminue, mais à un rythme moins élevé que sur la précédente période : – 2,3 % par an contre – 3 % sur 2000-2010. À noter : plus d’une exploitation sur deux est désormais à spécialisation végétale, à 51,8 % contre 45,1 % en 2010. Le nombre d’exploitations en arboriculture baisse, mais il s’accroît en maraîchage en dix ans. Celui d’exploitations spécialisées « animal » continue de décroître (- 5,4 %), mais nettement moins que les effectifs (- 31 %), ce qui laisse entrevoir une évolution de la structure des exploitations : regroupement sous forme d’entrepreneuriat collectif, plutôt que sous statut individuel dont la part diminue significativement, à – 11,4 %. En revanche, malgré une appétence sociétale comme médiatique, la croissance des exploitations sous signes officiels de qualité ou vendant en circuit court reste modérée, de respectivement + 3,3 % et 5,6 %, à l’exception de la part des exploitations en agriculture biologique qui a progressé de 8,4 % sur la période.

    Sur le plan de l’humain, la part des chefs d’exploitations, co-exploitants et associés actifs diminue de 18 %, à 496 000 personnes. La part des femmes reste stable, autour de 26 %. Mais la part des individus ayant 60 ans ou plus grimpe de + 5 points, à 25,4 %. Le travail agricole hors prestation de services diminue de 11 %, à 659 000 personnes, soit l’équivalent de 583 000 ETP ou emplois à temps plein (- 12 % en dix ans). Si la part des chefs d’exploitation et co-exploitants dans le volume de travail est stable autour de 60 %, celle des aidants familiaux (hors co-exploitants familiaux) se réduit (8 % vs 12 % en 2010), tandis que celle des salariés permanents non familiaux augmente (21 % vs 17 % en 2010). Les salariés saisonniers assurent le reste des heures travaillées, toujours autour de 11 %. Les chefs d’exploitations sont également plus diplômés : 55 % ont un diplôme au moins égal au bac (contre 38 % en 2010). Le nombre de diplômés du supérieur a également augmenté de + 10 points (27 % en 2020). Une évolution qui corrobore l’analyse livrée dans le dossier Forum dans ce même numéro, à savoir : la nécessité de se former pour faire face aux mutations du métier et l’enjeu de recruter de nouveaux profils dans l’agriculture plus largement que dans un seul cercle familial si l’on veut renouveler à terme les exploitations.

    © ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation