Préserver le patrimoine génétique d’hier pour créer les variétés de demain

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    À l’occasion du salon de l’agriculture, Semae, l’interprofession des semences et plants, a rappelé l’importance de conserver et de maintenir des variétés pour répondre aux demandes des consommateurs et aux défis de souveraineté alimentaire.

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    Laurent Bourdil, Virginie Bertoux et Stéphane Crozat. © végétable

    Selon la FAO, 70 % des ressources génétiques mondiales ont été perdues au cours des soixante-dix dernières années. « En 2024, 15 espèces de plantes fournissent 90 % des ressources alimentaires standardisées. Et 80 % des variétés de légumes et de céréales cultivées il y a cinquante ans ont désormais disparu », a précisé Stéphane Crozat, ethnobotaniste, directeur du Centre de ressources de botanique appliquée et vice-président de la section diversité des semences de Semae.

    Retour des variétés anciennes

    Conserver et maintenir des variétés, anciennes ou récentes, d’ici ou d’ailleurs, pour tenter de répondre aux enjeux de demain est donc indispensable. « Les semences représentent un patrimoine biologique et culturel. Et il est essentiel de pouvoir financer l’enrichissement, l’entretien et la valorisation des collections de variétés. »

    Une variété qui n’est pas cultivée aujourd’hui pourra potentiellement être utile plus tard dans un autre contexte. « Pour le marché professionnel, nous devons nous assurer de la valeur d’usage de la nouvelle variété au regard des attentes des filières de production et des enjeux de politique publique VATE (Valeur agronomique technologique et environnementale). Mais il est prévu un dispositif facilitant le retour des variétés anciennes sur le marché des semences et plants », a ajouté Virginie Bertoux, secrétaire générale du CTPS (Comité technique permanent de la sélection des plantes cultivées), qui gère le catalogue officiel.

    Le bien commun

    L’interprofession a ouvert en 2022 une nouvelle section, « diversité des semences», dont le rôle est de promouvoir toutes les semences pour tous les usages et toutes les agricultures sans les opposer. La section prend en charge les frais d’inscription de variétés au catalogue officiel dans le cadre d’une enveloppe votée annuellement.

    Semae est également mécène du Fonds de dotation « collections et biodiversité », à hauteur de 100 000 € par an. « Chacun à un rôle à jouer dans la création variétale et la consommation de demain. À l’aube de grands défis environnementaux, climatiques et démographiques, la souveraineté alimentaire passe par la souveraineté semencière* », a déclaré Laurent Bourdil, président de l’ANMSO (Association nationale des agriculteurs multiplicateurs des semences oléagineuses) et membre du bureau de Semae. « Le patrimoine génétique des semences appartient au bien commun. Nous devons tous y avoir accès pour diffuser la biodiversité. »

    © Semae