Piqûre de rappel sur les impasses de la loi Agec

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    De passage sur le Salon de l’agriculture à Paris le 28 février, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, a pris le temps de rencontrer les professionnels de la filière fruits et légumes pour évoquer leurs difficultés dans l’application de la loi Agec. Laurent Grandin, président d’Interfel, lui a rappelé que « la profession ne remet pas en cause l’objectif visé par la loi, mais sa trajectoire, qui s’est faite sans concertation suffisante au préalable et dans un délai trop court pour certaines filières ». Avant d’évoquer les programmes de recherche déjà mis en place par le CTIFL, en partenariat avec l’Ademe, pour identifier des solutions de substitution, mais qui manquent de moyens. « Les professionnels ont déjà réalisé des efforts, par exemple la filière pomme a investi 10 millions d’euros pour développer les barquettes carton. 50 % des flux de fruits et légumes sont déjà sans plastique, mais il reste des impasses. »

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    Si le ministre a bien pris acte de ces difficultés, il a déclaré qu’il faut « des alternatives intelligentes pour tous les produits, sans oublier de considérer les attentes des consommateurs, qui se radicalisent dans leurs choix. Notamment vers la réduction des emballages plastiques et la préférence du vrac ». Citant l’exemple du raisin sous appellation, trop fragile pour être vendu en vrac en libre-service et qui requiert une identification de sa qualité, « la vente servie est impossible en grande distribution, qui concentre près de 80 % des ventes », ont répondu les représentants de la profession. « Nous sommes est en train de faire perdre des moyens de production en France », a alerté Françoise Roch, présidente de la FNPF. « Pour autant, la transition écologique est un vecteur de compétitivité », a insisté le ministre, avant de promettre une prochaine rencontre pour approfondir la discussion et évoquer le sujet de l’objectif ZAN (zéro artificialisation nette)  dans le cadre de la loi Climat et résiliences. « Nous attendons impatiemment le Plan de souveraineté alimentaire, indispensable pour retrouver notre compétitivité », a pressenti Jean-Michel Delannoy, président de Felcoop.

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