Les producteurs de Méditerrabio se réunissent tous les ans sur l’exploitation d’un des leurs.

Le 18 juin, Thierry Nania a accueilli ses collègues et partenaires de Méditerrabio chez lui, aux Courlis, à Saint-Martin-de Crau dans les Bouches-du-Rhône, lors d’une après-midi de découverte. Ses productions sont toutes sous abris : il a donc ouvert les portes de ses serres, dont la toute nouvelle photovoltaïque de 2 ha (où il commence une culture de diversification avec des pitayas), mais aussi ses serres verre, chapelles et tunnels, abritant concombres, tomates, salades, fraises… tous bio.
Le groupement Méditerrabio rassemble 16 producteurs, possédant des exploitations 100 % bio des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et du Gard. Il a été initié en 2009 afin de « créer de la valeur pour les acteurs de la filière bio », explique Laurent Hillau, chargé de développement fruits et légumes chez Pronatura, partenaire fidèle du groupement depuis les débuts. Leur objectif commun : la qualité gustative des produits, accompagnée de la préservation des sols et de la biodiversité, de la maîtrise de l’irrigation, de récoltes à maturité, au rythme des saisons… pour « élaborer une bio locale et collective, en mettant en commun expériences et moyens techniques ».
Des filières de qualité
Pierrick Leroux, PDG d’Organic Alliance (Pronatura-Vitafrais) rappelle que « la construction de la bio, secteur d’avenir qui répond aux grands défis de demain, passe par celle de filières de qualité : c’est pourquoi Pronatura reste partenaire historique de Méditerrabio ». En effet, les producteurs du groupement sont des apporteurs prioritaires, mais pas exclusifs : complémentaires, diversifiés, ils sécurisent ainsi leurs débouchés commerciaux, encadrés par une charte « proche de Bio Cohérence, plus exigeante encore que la bio ». En 2025, ils ont livré 3 625 tonnes au grossiste, pour 8,2 M€ en valeur d’achat, avec une progression de 8 %, soit près de 15 % du volume national de Pronatura (45 % de la Provence).
Toujours dans l’anticipation, en flux poussés, les producteurs de Méditerrabio élaborent leurs cultures à partir d’un important travail variétal. Et, pour sécuriser aussi leur avenir, ils s’engagent dans des projets avec l’Inrae, pour une prospection sur les espèces méditerranéennes qui supporteront le changement climatique. Avec le Grab, ils seront accompagnés par un suivi technique en diversification culturale (comme pour le pitaya ou la figue de Barbarie). Des collaborations sont également prévues avec Biomimetic, pour de nouveaux engrais à partir du recyclage de biodéchets, ou Agrinichoirs.











