L’interview du mois : réinventer l’innovation agricole

    126

    Face à Drosophila suzukii, ravageur majeur des vergers, Simon Fellous, directeur de recherche à l’Inrae, décrypte comment la recherche change de paradigme : place à l’innovation en collaboration avec les producteurs et à des stratégies combinées, à l’échelle des territoires, pour construire des systèmes efficaces et durables. 

    Simon Fellous
    Simon Felllous est directeur de recherche à l’Inrae. © DR

    La mouche Drosophila suzukii reste un problème majeur pour de nombreuses filières fruits. Où en est la recherche ?

    Drosophila suzukii est arrivée en Europe depuis une vingtaine d’années et a fortement contribué à une diminution d’environ un tiers de la production de cerises en France. Sa particularité est d’être polyphage, c’est-à-dire qu’elle peut se développer sur un grand nombre de plantes hôtes. Dans certaines zones arborées, près d’un tiers des végétaux peuvent ainsi servir de réservoirs dans lesquels les adultes pondent et les larves se développent. Cela complique considérablement la lutte, car même si l’on parvient à contenir sa présence localement pendant une année, rien ne garantit une protection durable la saison suivante. Cela nous oblige à intégrer finement la complexité de son cycle de vie, ses déplacements, ses besoins alimentaires sa sensibilité à la météo. Sans cette compréhension biologique, il est impossible de développer des stratégies réellement efficaces au verger. Aujourd’hui, la protection repose encore largement sur des insecticides chimiques, bien que plusieurs molécules aient été retirées du marché, comme le diméthoate en 2016 ou le phosmet en 2022.

    Retrouvez l’interview en intégralité dans le magazine n°442, d’avril 2026.