Lidl embarque ses fournisseurs

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    Pendant un an, Lidl organise sa « Tournée en Terres d’avenir » pour coconstruire des feuilles de route avec ses fournisseurs pour des filières filière fruits et légumes plus durables. 

    Rougeline
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    Depuis 2020, Lidl a la volonté de mettre en place une démarche holistique avec ses fournisseurs de fruits et légumes. « Vous faites déjà beaucoup sur les sujets comme l’énergie ou la biodiversité dans les parcelles. Nous avons à cœur de valoriser ce travail à travers la tournée en Terres d’avenir », a déclaré Marianne Naudin, experte filières durables chez Lidl France. Pour cela, les équipes Lidl viennent à la rencontre de leurs fournisseurs dans chaque bassin de production, dans l’objectif de « créer une communauté de fournisseurs par bassin de production ». Le premier « comité d’embarquement » s’est tenu sur le territoire du Sud-Ouest, le jeudi 30 mai à Parentis-en-Born (40), avant de poursuivre dans le reste des grandes régions françaises, ainsi qu’au siège, à la rencontre les fournisseurs marocains et des filières d’import.

    Après une première phase pilote concentrée sur 12 filières prioritaires et 26 fournisseurs (dont deux grosses organisations de producteurs dans le Sud-Ouest), les feuilles de route vont être déployées progressivement chez l’ensemble des fournisseurs. Pour chaque journée, un programme studieux est prévu, avec une présentation de la démarche et des groupes de travail le matin pour « être à l’écoute des problématiques locales et comprendre les freins techniques qui peuvent être rencontrés sur les objectifs des feuilles de route fruits et légumes ».

    Des canicules jusqu’à six semaines

    Pour les producteurs du Sud-Ouest, Lidl a fait appel à Serge Zaka, agroclimatologue, pour évoquer l’enjeu de l’adaptation au changement climatique. En se basant sur les scénarios du Giec, il a présenté ces projections régionales pour les cultures maraîchères et fruitières. Globalement, si l’indice hydrique ne devrait pas trop évoluer en hiver, les précipitations devraient se faire plus rares mais plus intenses l’été, avec une augmentation de l’évapotranspiration. « Certaines canicules pourront durer jusqu’à six semaines, provoquant de fortes hausses du stress hydrique », a alerté l’agroclimatologue, rappelant que la sécheresse ne s’apprécie pas seulement par le manque de pluie. Au niveau des températures hivernales, le nombre de jours de gel devrait continuer à baisser au cours du prochain siècle, avec des conséquences sur la vernalisation notamment.

    « Toutes ces évolutions climatiques vont contribuer à une évolution des biogéographies, vers une méditerranéisation de la France. Peut-être que l’abricot sec remplacera le pruneau d’Agen », a prédit Serge Zaka. « Les filières ne disparaîtront pas, mais une nouvelle géographie des cultures est à anticiper. Cela signifie aussi que la France pourrait être le verger de l’Europe en 2050, au même titre que l’Espagne aujourd’hui. Potentiellement, c’est 900 ha en cours de désertification qu’il faudra remplacer, mais au prix d’une problématique irrigation. » Pour terminer cette journée, les participants ont visité les serres de Tom d’Aqui (membre du groupe Rougeline) et découvert des ateliers explicatifs sur la PBI ou la démarche ZRP, notamment.

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