La filière amande intéresse les Espagnols

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    Aliment santé ayant le vent en poupe, l’amande attire la convoitise de nombreux agriculteurs en Espagne en quête de plus de rentabilité, alors que la Californie marque le pas pour des raisons climatiques. La gamme variétale doit s’adapter aux conditions de culture de la péninsule ibérique.

    Federico Dicenta, chercheur au Cebas-CSIC à Murcie et spécialiste de l’amélioration variétale des amandiers, travaille sur la sélection de variétés ultra-tardives. « Avec une floraison en mars (alors que les variétés normales peuvent fleurir dès janvier), l’objectif est de s’affranchir du risque de gelées. » L’équipe de Federico Dicenta sélectionne désormais des variétés à coque tendre, cassables à la main, comme celles exploitées aux USA et dans l’hémisphère sud), dénommées Florida (floraison précoce) et Alaska (extra-tardive).

    Federico Dicenta est chercheur au Cebas-CSIC à Murcie et spécialiste de l’amélioration variétale des amandiers. © végétable

    La culture de l’amandier intéresse les producteurs espagnols : elle permet de dégager une marge intéressante, bien que les rendements restent plus bas qu’en Californie, car ils utilisent moins d’eau. En Espagne, 85 % des amandiers ne sont pas irrigués et le rendement moyen se situe autour de 100 kg/ha. « Avec des plants modernes et une irrigation à hauteur de 5 000 m3/ha (équivalent à la consommation des pêchers ou abricotiers de la région de Murcie), les Espagnols pourraient récolter 1 500 kg d’amandes par ha, sous réserve de bénéficier naturellement de 300 mm de pluie. Plus sobrement, compte tenu de la disponibilité en eau de la région de Murcie, 2 000 m3 d’eau par ha permettraient d’atteindre un rendement de 500 kg/ha », estime Federico Dicenta. À titre de comparaison, les amandiers californiens engloutissent 10 000 m3/ha et affichent des rendements jusqu’à 3 000 kg/ha. Au-delà du rendement en matière, l’amandier intéresse aussi les Espagnols car les coûts de production sont moins élevés, et surtout il faut très peu de main d’œuvre, autre ressource rare et chère dans la région, grâce à une taille et une récolte mécanisée.

    En 2023, l’Espagne compte 700 000 ha d’amandiers, soit un peu plus qu’en Californie, mais avec un potentiel de production nettement plus faible. « 82 % de la production mondiale d’amandes proviennent des USA. Mais pour la première année, la Californie a vu ses surfaces d’amandiers baisser pour des raisons climatiques. On voit désormais des fonds américains investir en Europe ou au Maroc », affirme Alexandre Darnaud, responsable d’IPS, qui expérimente de nouvelles variétés de fruits à coque.

    © végétbale