La Sica se dote d’une plateforme logistique ultramoderne

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    La Sica Saint-Pol a mis en service sa plateforme logistique du futur, un outil destiné à gagner en performances et accéder à de nouveaux marchés.

    La gigantesque nouvelle plateforme de la Sica Saint-Pol est destinée à centraliser la réception, la préparation et l’expédition de près de 190 000 tonnes de légumes dans l’année, issus de 608 fermes (800 agriculteurs adhérents). Ce volume représente 80 % des légumes frais de la coopérative (237 000 t de légumes « Prince de Bretagne », pour 200 M€ de chiffre d’affaires). En janvier, certaines lignes étaient opérationnelles pour traiter choux-fleurs et potimarrons, d’autres en cours d’installation. « Elles seront prêtes à l’entrée en production des 47 légumes de notre gamme, de plein champ et sous abri », explique Marc Kéranguéven, président de la coopérative. Construite pour un peu moins de 50 M€, la station de Vilar Gren (lieu-dit à l’entrée de Saint-Pol-de-Léon) voit enfin le jour après une dizaine d’années de complications juridiques. Ce projet engagé à la fin des années 2000 et démarré en 2011 a en effet été stoppé par plusieurs recours. Tous ont été purgés en 2019. Par sa détermination à aller au bout de son projet, la Sica Saint-Pol a toujours visé le même objectif : optimiser sa logistique pour ne pas être décrochée en matière de coûts vis-à-vis de ses concurrents européens, surtout espagnols et italiens, avantagés dans leurs flux d’exportation vers l’Allemagne.

    © FJ – végétable

    « Jusqu’à présent, un négociant devait s’approvisionner dans cinq à sept stations pour constituer un camion complet », poursuit Marc Kéranguéven. « Il a désormais la possibilité de le faire en un seul point. » La Sica estime que les rotations de camions sont réduites de 47 % sur la zone. La centralisation du traitement des légumes de la coopérative entraîne la fermeture des quatre stations les plus proches de Vilar Gren. Les huit les plus éloignées accueillent les légumes des producteurs voisins… jusqu’à leur transfert quotidien par route vers la plateforme de Saint-Pol-de-Léon. Seules quelques stations spécialisées (alliums, légumes anciens, etc.) conservent leur autonomie. Pour assurer une parfaite traçabilité de la production, chaque lot est QR-codé dès réception jusqu’à l’expédition. Certifié IFS Food, l’outil s’appuie sur une société spécialisée dans l’agréage (Agréa) pour uniformiser le contrôle qualité. La maîtrise des flux justifie la mise en place d’un système d’informations performant dans lequel les producteurs renseignent leurs prévisions d’apports à J-3, qu’ils affineront jusqu’à J-1. L’outil met à disposition des 82 négociants bretons un espace dédié de 5 500 m2, d’une capacité de stockage de 6 000 palettes, pour qu’ils puissent allotir à leur guise leurs achats. Les températures dirigées (4-5 ou 6-12 °C) sont maintenues jusqu’au chargement.

    La plateforme propose 31 quais d’expédition, dont 15 réservés aux « clients majeurs, qui représentent 70  % du chiffre d’affaires de la Sica ». Il est possible d’expédier vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Pour les producteurs adhérents de la Sica, cet outil apporte aussi de l’équité. Selon les spécificités de traitement de leur station de légumes, ils n’avaient pas tous les mêmes possibilités de diversification. Tous les moyens étant désormais centralisés, ils peuvent choisir leur production à leur guise.

    © FJ – végétable